Parlons de nos provinces : Mandji Ndoulou et la résurgence inquiétante de la pollution pétrolière sur le site Perenco



2026-03-04 21:10:00

Dans le cadre de sa nouvelle rubrique « Parlons de nos provinces », BiBa 241, met le cap cette semaine sur la Ngounié et plus précisément sur Mandji Ndolou, Chef lieu du département de Ndolou, où la résurgence de la pollution sur le site pétrolier Perenco suscite inquiétude et mécontentement au sein des communautés locales.



Une pollution persistante malgré les alertes

En avril 2025, les populations de Mandji Ndoulou avaient lancé la première alerte concernant les rejets de pétrole sur le site de Perenco. À l’époque, les responsables de la compagnie avaient affirmé que la situation était maîtrisée et que les premières analyses ne révélaient aucune pollution notable. Six mois plus tard, cette assurance s’avère largement insuffisante : une résurgence de pétrole brut a été constatée à la surface des eaux, entraînant une contamination qui s’infiltre jusqu’au sol et aux racines des arbres environnants.

Pour Guy Okissidi, chef du site Perenco, « il y a eu des interventions, mais elles n’ont pas permis de régler le problème de manière définitive. Le pétrole s’infiltre sous les arbres et contamine les sols ». Cette situation fragilise non seulement l’écosystème local mais compromet également la santé et le quotidien des habitants, en particulier en matière d’accès à l’eau potable : l’eau actuellement utilisée pour les ménages est désormais polluée, obligeant les communautés à recourir à des solutions d’approvisionnement alternatives.

Les autorités locales montent au créneau

Face à l’ampleur du problème, le gouverneur de la province de la Ngounié, Francis Oyinamono, s’est récemment déplacé sur le site Coucal, situé à environ 90 km de Mandji Ndoulou, pour constater l’étendue de la pollution et interpeller Perenco sur le respect de ses engagements en matière de responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Lors de cette visite, le gouverneur a insisté sur la nécessité d’éliminer les particules d’hydrocarbures, de nettoyer les lieux et de prévenir toute nouvelle contamination. Il a souligné l’importance d’une coordination étroite entre les autorités locales et l’entreprise afin de protéger les populations et l’environnement : « Nous ne pouvons pas rester spectateurs alors que la santé des habitants et la durabilité de nos ressources naturelles sont menacées », a-t-il déclaré.

Les populations attendent des mesures concrètes

La cheffe du village de Mandji Ndoulou, Hélène Boussougou Koumba, a quant à elle exprimé, au nom des habitants, un profond mécontentement face à la persistance de la pollution. Elle appelle à une action rapide et efficace de la part de Perenco, tout en demandant aux autorités de veiller à ce que des mesures durables soient mises en place pour protéger la flore et les riverains.

La situation soulève des questions plus larges sur le respect des engagements environnementaux des entreprises extractives au Gabon, et sur la capacité des institutions locales à garantir un équilibre entre développement économique et protection des écosystèmes.

Vers une prise de conscience durable

Ce dossier illustre combien la vigilance locale, associée à une action institutionnelle forte, est indispensable pour prévenir les impacts environnementaux et sociaux des activités industrielles. La résurgence de la pollution à Mandji Ndoulou est un signal d’alerte pour l’ensemble des provinces du Gabon : la gestion responsable des ressources naturelles et la protection des populations doivent devenir des priorités absolues.

BiBa 241 s’engage à suivre de près l’évolution de cette situation et à rendre compte de manière régulière des mesures prises pour restaurer la sécurité sanitaire et environnementale dans la région. La nouvelle rubrique « Parlons de nos provinces » ambitionne ainsi de mettre en lumière les réalités locales et de contribuer à une meilleure compréhension des enjeux qui touchent directement les citoyens.