Coopération avec l'Italie : les enjeux de l’intégration du Gabon au plan Mattei
2026-03-12 08:57:00
Le deuxième sommet Italie-Afrique s'est tenu le 13 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, en marge du sommet de l'Union africaine. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, y a défendu le plan Mattei, un projet d'investissement stratégique de plus d'un milliard d'euros visant un partenariat d'égal à égal, la transition énergétique, l'éducation et la migration.
Prenant part aux travaux, Brice Clotaire
Oligui Nguema, Président de la République du Gabon avait appuyé la nécessité d’un partenariat équilibré, fondé sur des
intérêts mutuels et orienté vers des résultats concrets. Les discussions
avaient particulièrement porté sur des
secteurs jugés stratégiques, notamment l’énergie, l’industrialisation, la
promotion de l’emploi des jeunes et la transformation économique.
Quelques semaines après la tenue de cet
évènement, l’Ambassade d’Italie à Libreville a annoncé le 5 mars 2026, la
« décision officielle » du
gouvernement italien d’intégrer le Gabon au plan Mattei. Pour les autorités
gabonaises, cette annonce est au-delà d’un simple geste diplomatique. Elle
confirme selon eux, la « place croissante du Gabon dans les nouvelles
dynamiques de partenariat entre l’Europe et le Continent africain ».
De manière concrète, l’intégration du Gabon au
plan Mattei va permettre de renforcer la coopération dans plusieurs domaines
essentiels pour la transformation structurelle de l’économie du pays, surtout
dans un contexte où l’économie reste dépendante
des ressources extractives. Parmi eux
figurent l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, la formation
professionnelle et la gestion durable des ressources naturelles.
L’adhésion du Gabon au Plan Mattei ouvre la voie à de nouveaux investissements
et à des coopérations sectorielles susceptibles de soutenir la transformation
économique du pays. Pour l’Italie, il s’agit
d’une stratégie géopolitique majeure « visant à renforcer sa
présence en Afrique tout en contribuant à la stabilité régionale, à la sécurité
énergétique et à la gestion des défis communs, notamment le changement
climatique et la croissance inclusive ».
Redéfinir la relation Europe-Afrique
Le Plan Mattei s’inspire de la vision
d’Enrico Mattei, industriel et homme d’État italien qui a profondément marqué
l’histoire énergétique de l’Italie au XXe siècle en fondant le groupe pétrolier
ENI. Aujourd’hui, cette stratégie vise à redéfinir la relation entre l’Europe
et l’Afrique autour d’un modèle de coopération plus équilibré. Le Plan Mattei
marque une évolution vers une coopération axée sur l’investissement et fondée
sur le partenariat. Grâce à ses instruments de financement, son pouvoir de
mobilisation et son portefeuille de projets, le Groupe de la Banque Africaine de développement que dirige Sidi
Ould Tah soutient sa mise en œuvre dans 14 pays africains, en déployant
des capitaux, en renforçant les infrastructures et en créant des opportunités
pour les investisseurs publics et privés.
« L’Italie est profondément engagée à développer une nouvelle ère de
partenariat avec les pays africains, comme le prévoit le Plan Mattei. La
Facilité de financement du Processus de Rome/Plan Mattei est une pierre
angulaire de cet engagement, traduisant des objectifs communs en projets
concrets qui soutiennent la croissance économique et la résilience
climatique », avait assuré Lorenzo Ortona, chef du Groupe de travail du Plan
Mattei, lors de la première réunion du Conseil d’administration de la Facilité
en novembre 2025 à Rabat au Maroc.