Economie Loi de règlement 2025 : Un taux d’exécution de 87,3 %, pour un écart de 380,4 milliards de FCFA



2026-10-29 11:50:00

Présentés devant la Commission des Finances et des Comptes économiques de la Nation du Sénat, les ministres chargés de l’Économie et du Budget ont défendu le projet de loi de règlement de l’exercice 2025. Avec 2 616,1 milliards de FCFA de recettes réalisées pour 2 996,5 milliards prévus, l’exécution budgétaire soulève des interrogations sur la sincérité des comptes, la gestion de la trésorerie et le financement effectif de la décentralisation.



L’examen du projet de loi de règlement, gestion 2025, ouvre une nouvelle séquence de contrôle des finances publiques au Parlement. Le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère, Thierry Minko, accompagné du ministre délégué chargé du Budget, Marc Abeghe, s’est présenté devant les sénateurs membres de la Commission des Finances et des Comptes économiques de la Nation pour exposer les résultats de l’exécution budgétaire. Cet exercice vise notamment à confronter les prévisions initiales aux opérations effectivement réalisées par l’État.

Sur le volet des recettes, les opérations budgétaires sont arrêtées à 2 616,1 milliards de FCFA, contre une prévision de 2 996,5 milliards. Le taux d’exécution ressort ainsi à 87,3 %, soit un écart négatif de 380,4 milliards de FCFA par rapport aux objectifs initiaux. Ce résultat traduit une mobilisation des ressources inférieure aux anticipations, même si les éléments communiqués ne permettent pas, à eux seuls, d’en déterminer précisément les causes. L’analyse devra notamment permettre d’apprécier la contribution des différentes catégories de recettes et les éventuels écarts entre les hypothèses budgétaires et les réalisations.

Du côté des dépenses, l’exécution atteint 2 351,8 milliards de FCFA, sur une prévision de 2 794,5 milliards, soit un taux de réalisation de 84,2 %. L’écart entre les dépenses prévues et celles exécutées s’établit à 442,7 milliards de FCFA. La comparaison des recettes et des dépenses effectivement enregistrées fait apparaître un excédent des opérations budgétaires de 264,3 milliards de FCFA. Ce solde comptable ne saurait toutefois être assimilé automatiquement à une trésorerie excédentaire, les décalages d’encaissement et de paiement ainsi que les engagements restant à honorer pouvant peser sur la situation financière réelle de l’État.

Le Gouvernement a, pour sa part, indiqué que l’exercice 2025 avait été marqué par des tensions de trésorerie contenues. Cette explication n’a cependant pas clos le débat. Les sénateurs ont soulevé plusieurs préoccupations, notamment la distinction entre le reste à payer et les arriérés de paiement, la sincérité des comptes, la cohérence entre les prévisions et l’exécution du budget, ainsi que les conditions de recours aux crédits supplémentaires. La question du financement effectif de la décentralisation a également été abordée, dans un contexte où la disponibilité des ressources conditionne la capacité des collectivités territoriales à assurer leurs missions.

La poursuite de l’examen avec les ministres sectoriels devra permettre d’approfondir ces questions et de mieux apprécier les résultats de la gestion 2025. Au-delà des taux d’exécution, l’enjeu est de déterminer dans quelle mesure les crédits votés ont effectivement soutenu les politiques publiques et permis d’honorer les engagements de l’État. La loi de règlement constitue ainsi un instrument essentiel de redevabilité : elle doit permettre au Parlement de vérifier les comptes, d’identifier les écarts et de tirer les enseignements nécessaires à la préparation des prochains budgets. La clarification des arriérés et la traçabilité des dépenses seront déterminantes pour apprécier la qualité de la gestion budgétaire.