Eradication de la torture au Gabon : Geoffroy FOUMBOULA LIBEKA MAKOSSO note des avancées réelles, mais des défis persistants



2026-04-29 10:24:00

À l’ONU, le rapport alternatif porté par la société civile met en lumière un contraste entre réformes engagées et pratiques encore préoccupantes.



À l’occasion de la 84e session du Comité contre la torture des Nations unies, le Gabon a été soumis à l’examen de son deuxième rapport périodique, un exercice renforcé par la publication d’un rapport alternatif coordonné par l’Organisation mondiale contre la torture avec plusieurs organisations de la société civile. Réagissant à ces travaux, l’acteur politique Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a souligné la portée de ce document qui « s’appuie sur des faits anciens et récents », allant des événements de 2016 à des cas survenus durant la Transition. Ce rapport met en exergue des allégations de torture, de détentions arbitraires et de violations des droits fondamentaux, tout en pointant des lieux de rétention régulièrement cités, notamment certains services de renseignement.


Dans son analyse, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso reconnaît toutefois les efforts engagés par les autorités gabonaises. Il met en avant la réforme de la Commission nationale des droits de l’homme, la future mise en place d’un mécanisme national de prévention, ainsi que l’adoption de textes en faveur des défenseurs des droits humains et la révision en cours du Code pénal. D’autres avancées sont également évoquées, telles que la construction d’une prison pour mineurs à Port-Gentil ou encore l’interpellation d’agents des forces de sécurité impliqués dans des cas de torture. Mais, insiste-t-il en reprenant les conclusions du rapport, « de nombreux défis persistent », notamment en matière de respect des procédures, de conditions de détention et de mise en œuvre effective des mécanismes de prévention.


Au-delà du diagnostic, cette séquence internationale met en lumière le rôle structurant de la société civile dans la défense des droits humains. Geoffroy Foumboula Libeka Makosso salue à cet égard l’engagement d’acteurs associatifs, dont certains, à l’image d’Aïcha Tsoumbou, ont porté la voix des victimes à Genève. Pour lui, cet exercice rappelle que « les débats se font là où les décisions se prennent », soulignant l’importance des cadres institutionnels et internationaux dans la consolidation de l’État de droit. Entre reconnaissance des progrès et exigence de résultats concrets, le dossier des droits humains au Gabon reste ainsi au cœur des enjeux de crédibilité et de gouvernance.