Finance africaine : L’indice des marchés financiers africains atteint son meilleur score en dix ans



2026-10-15 18:37:00

L’édition 2026 de l’Absa Africa Financial Markets Index, élaborée par Absa Group et le groupe de réflexion OMFIF, affiche un score moyen de 56 points, son niveau le plus élevé en dix ans. Publié le 14 octobre à Bangkok, le classement révèle une amélioration des marchés financiers dans 21 des 29 économies évaluées. Malgré cette progression, la profondeur des marchés, la liquidité et l’accès aux financements restent des enjeux déterminants pour soutenir les investissements sur le continent.



Les marchés financiers africains affichent une progression notable en 2026. Selon le dixième Africa Financial Markets Index, publié par Absa Group et l’OMFIF, le score moyen des 29 économies étudiées atteint 56 points, soit le niveau le plus élevé enregistré depuis la création de l’indice. Au total, 21 pays améliorent leur performance par rapport à l’édition précédente. L’étude couvre des économies représentant environ 80 % de la population et du produit intérieur brut du continent, ce qui en fait un indicateur utile pour apprécier les évolutions de l’environnement financier africain.

Cette progression repose sur plusieurs facteurs. Le reflux de l’inflation dans de nombreux pays, le renforcement des réserves de change et les réformes réglementaires ont contribué à améliorer les conditions de fonctionnement des marchés. Les 29 économies étudiées enregistrent également une amélioration de leur score relatif à la croissance, tandis que 20 d’entre elles affichent une évolution favorable du poids de la dette extérieure rapportée au PIB. Ces résultats traduisent une amélioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques, même si les situations nationales restent hétérogènes.

Le classement confirme la position dominante de l’Afrique du Sud, suivie de Maurice et de la Namibie. D’autres économies enregistrent des progressions remarquables. Le Cap-Vert gagne six places pour atteindre le treizième rang, tandis que le Ghana progresse de quatre places et se hisse au sixième rang. À l’inverse, le Botswana et le Nigeria reculent chacun de deux positions. Ces mouvements illustrent la concurrence entre les économies africaines pour attirer les capitaux, développer leurs infrastructures financières et renforcer la confiance des investisseurs.

L’indice évalue notamment la profondeur des marchés, l’accès aux devises, la transparence, le développement des fonds de pension ainsi que les cadres juridiques, fiscaux et réglementaires. La finance durable prend également de l’importance : 19 pays étudiés affichent des engagements environnementaux, sociaux et de gouvernance, tandis que 11 ont instauré des tests de résistance climatique. Ces évolutions témoignent d’une volonté de rapprocher les marchés africains des standards internationaux et de mieux répondre aux exigences des investisseurs institutionnels. Toutefois, la progression des cadres réglementaires ne garantit pas automatiquement une augmentation des transactions ou des financements disponibles pour les entreprises.

Pour les économies d’Afrique centrale, dont le Gabon, les enseignements de cette étude sont particulièrement importants. Le développement de marchés de capitaux plus profonds pourrait offrir aux entreprises et aux institutions financières des alternatives au crédit bancaire et contribuer au financement des infrastructures. Mais cet objectif suppose des marchés plus liquides, davantage d’émetteurs, une meilleure transparence de l’information financière et une participation accrue des investisseurs locaux. À l’échelle du continent, le défi n’est donc plus seulement d’améliorer les indicateurs macroéconomiques, mais de transformer ces progrès en capacités concrètes de financement de l’investissement productif et de création d’emplois.