Gabon premier emprunteur de la CEMAC : décryptage d’un mécanisme souvent mal compris
2026-03-09 11:39:00
Avec près de 2 887 milliards de FCFA d’encours, le Gabon occupe désormais la première place sur le marché des titres publics de la BEAC. Derrière ce chiffre impressionnant se cache une réalité économique plus nuancée : le recours accru aux marchés financiers pour financer les investissements publics et soutenir la relance économique. Décryptage d’un mécanisme souvent mal compris.
Au 31 janvier 2026, le Gabon s’est imposé comme le
principal emprunteur du marché des titres publics de la Communauté économique
et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Selon les données de la Banque
des États de l’Afrique centrale (BEAC), le pays totalise un encours de 2 887
milliards de FCFA, soit 30,5 % de l’ensemble des titres en circulation
dans la sous-région. Un positionnement qui place Libreville devant le Congo
et le Cameroun.
Dans le détail, le Congo suit avec 2 790,5
milliards de FCFA, représentant 29,5 % du marché, tandis que le
Cameroun se situe à 1 831,35 milliards de FCFA, soit 19,4 % du total.
Au global, le marché des titres publics de la CEMAC pèse désormais 9 451,5
milliards de FCFA, preuve de son rôle croissant dans le financement des
États membres.
Mais que signifie réellement cette position de
premier emprunteur ? Contrairement à certaines perceptions, emprunter sur le
marché régional n’est pas nécessairement un signe de fragilité économique. Pour
de nombreux pays, il s’agit avant tout d’un outil de financement moderne,
permettant de mobiliser des ressources auprès des banques, des investisseurs
institutionnels et des compagnies d’assurance.
Le Gabon privilégie particulièrement les Obligations
du Trésor Assimilables (OTA), des titres à moyen et long terme qui
représentent près de 82,9 % des émissions régionales. Ce choix traduit
une stratégie visant à financer des projets structurants tout en étalant le
remboursement de la dette sur plusieurs années.
Cette dynamique répond aussi à un besoin
important d’investissements publics. Selon la Banque africaine de développement
(BAD), le Gabon doit mobiliser près de 700 milliards de FCFA par an pour
financer ses infrastructures, moderniser son économie et soutenir la
diversification hors pétrole. Dans ce contexte, le marché régional devient un
levier stratégique pour accompagner les ambitions de développement du pays.