Iboga : le GIE BOIS veut protéger la ressource sans freiner la transformation locale
2026-09-28 10:12:00
Le GIE BOIS soutient l’interdiction d’exportation de l’iboga, mais demande qu’elle cible uniquement la ressource brute ou sous forme de copeaux. Dans un communiqué publié le 26 septembre, le groupement d’opérateurs défend une approche destinée à préserver la ressource tout en permettant aux producteurs et transformateurs gabonais de développer une filière à plus forte valeur ajoutée.
Présidé par René Mboungana Guibouanga et revendiquant plus d’une centaine d’opérateurs, le Bloc of Operators in the Iboga Sector (BOIS) estime que l’interdiction doit avant tout empêcher la sortie de la matière première sans transformation. Le groupement affirme réunir planteurs, coopératives, PME, tradipraticiens et communautés villageoises, avec des plantations déjà constituées et plusieurs produits commercialisés localement, notamment des chocolats, infusions, crèmes et savons. Il souhaite ainsi que les plantations privées et communautaires déclarées et contrôlées puissent continuer à alimenter une activité de transformation au Gabon. L’objectif affiché est de construire une filière capable, à terme, de produire des dérivés davantage élaborés dans des conditions répondant aux normes applicables.
Derrière cette demande se trouve une question de politique industrielle : comment éviter que la protection d’une ressource stratégique ne se transforme en frein pour les opérateurs locaux ? Le GIE BOIS propose notamment la création d’un label « IBOGA du GABON » et d’un système de traçabilité permettant d’identifier l’origine, les volumes et les destinations des produits. Le groupement redoute qu’une réglementation trop restrictive pousse les investisseurs et certaines activités vers les pays voisins. Son plaidoyer vise donc à établir une distinction entre l’exportation de l’iboga brut, qu’il souhaite voir interdite, et celle de produits transformés, qu’il entend préserver. Reste désormais aux pouvoirs publics à définir les règles permettant de concilier protection de la ressource, contrôle de la filière, développement industriel et maintien de la valeur ajoutée sur le territoire gabonais.