Justice :Une nouvelle maison d’arrêt de 90 milliards de FCFA en projet à Nkoltang
2026-10-13 11:52:00
Présenté au ministre de la Justice, Augustin Emane, le projet de construction d’une nouvelle maison d’arrêt à Nkoltang ambitionne de moderniser le système pénitentiaire gabonais, d’améliorer les conditions de détention et de renforcer la réinsertion sociale. Un chantier estimé à 120 millions d’euros, dont le financement reste à préciser.
Le Gabon envisage de franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son système pénitentiaire. Le lundi 12 octobre 2026, le projet de construction d’une nouvelle maison d’arrêt à Nkoltang a été présenté au ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane. Portée par le groupe Swiss Invest et son partenaire Karlinblok, cette initiative prévoit la réalisation d’un établissement pénitentiaire ultramoderne sur plus de 12 hectares, pour un coût estimé à 120 millions d’euros, soit environ 90 milliards de FCFA. À terme, l’infrastructure devrait accueillir 1 108 détenus.
Au-delà de sa dimension architecturale, le projet affiche une ambition : repenser les conditions de détention et inscrire la gestion carcérale dans une logique davantage orientée vers les droits humains et la réinsertion. Huit blocs d’hébergement sont annoncés, avec des espaces distincts pour les femmes, les mineurs, les prévenus et les condamnés. Le complexe devrait également intégrer une structure sanitaire, des ateliers de formation, une bibliothèque, des espaces de prière et des aires sportives. Des installations administratives et des casernes destinées à accueillir les agents pénitentiaires, avec un effectif quotidien prévu de 200 personnes, complètent le dispositif.
Présenté par l’architecte Milos Kobza, de la société Karlinblok, l’avant-projet entend s’inspirer des standards internationaux, notamment des Règles Nelson Mandela des Nations unies relatives au traitement des détenus. Pour Augustin Emane, l’amélioration du bien-être des personnes privées de liberté relève d’une responsabilité essentielle des pouvoirs publics. Un enjeu qui dépasse la seule construction d’infrastructures : il pose la question de la dignité humaine en milieu carcéral, de l’accès aux soins, de la formation et des conditions nécessaires à une véritable réinsertion après la détention.
Toutefois, si les ambitions affichées sont importantes, la concrétisation du projet reste tributaire des prochaines étapes administratives et financières. À l’issue de la présentation, un document de travail doit être transmis afin de poursuivre les échanges sur l’harmonisation des protocoles et les modalités de financement. Selon les éléments communiqués, les fonds mobilisés seraient remboursés par l’État gabonais au partenaire financier selon des échéances à court, moyen et long termes. La présence de l’homme d’affaires El Hadj Omar, présenté comme ayant contribué à la mobilisation de financements internationaux pour des projets hospitaliers au Gabon, s’inscrit également dans cette dynamique de recherche de partenaires.
Une mission sur le site de Nkoltang est annoncée dans les prochains jours pour permettre aux investisseurs d’apprécier les contours du projet. Pour le Gabon, l’enjeu sera désormais de transformer cette ambition en réalisation concrète, avec des garanties sur le financement, les délais d’exécution et les conditions futures de fonctionnement de l’établissement. Car une prison moderne ne se mesure pas uniquement à ses équipements ou à sa capacité d’accueil : elle doit aussi garantir le respect des droits fondamentaux, favoriser la réinsertion et contribuer à une politique pénitentiaire plus humaine et plus efficace.