Loi de finances 2026 : cap sur la mobilisation des ressources et la rigueur financière



2025-12-10 10:37:00

Invités de l’émission Gouv Actu Le Mag, le Ministre de l’Économie et la Ministre de la Prospective et du Plan ont éclairé l’opinion sur les grandes orientations de la loi de finances 2026. Entre mobilisation accrue des ressources, retour de la planification nationale et stratégie d’endettement innovante, le gouvernement affirme sa volonté de transformer l’économie gabonaise.



La loi de finances 2026 s’établit finalement à 6 200 milliards de FCFA, après une révision à la baisse du montant initialement proposé au Parlement, qui s’élevait à 7 233 milliards de FCFA. Ce réajustement, opéré lors de l’examen à l’Assemblée nationale et au Sénat, a principalement touché une seule ligne budgétaire : les investissements publics, ramenés de 3 000 à 2 000 milliards de FCFA. Les élus ont jugé qu’un financement par endettement limité à ce palier représentait un niveau raisonnable et réaliste pour l’exercice.

Cette révision s’inscrit dans un cadre plus large : celui du projet l’édifice nouveau, présenté en mars 2025 par le Chef de l’État et voté en avril 2025, qui mobilise 10 000 milliards de FCFA sur 5 ans. Pour le gouvernement, le réalisme du budget 2026 repose sur des leviers désormais bien établis : une rigueur budgétaire assumée depuis deux ans, le retour structurant de la planification nationale après une décennie d’absence, et des réformes visant à améliorer les finances publiques et à fluidifier les investissements.

La croissance, fixée à 6,5 %, est largement jugée atteignable par l’exécutif. Ce taux repose sur les 2 000 milliards d’investissements publics, mais pourrait être dépassé grâce à la mobilisation supplémentaire des opérateurs nationaux et des investisseurs étrangers. Selon les projections gouvernementales, le niveau total des investissements pourrait même doubler en 2026, et avec lui la croissance réelle. L’un des facteurs déterminants sera le rebasage des comptes publics, un exercice d’assainissement structurel qui permettra de révéler la “vraie valeur” de l’économie gabonaise, aujourd’hui sous-évaluée.

La réforme de la mobilisation des recettes propres constitue un autre pilier essentiel de la loi de finances. Le gouvernement insiste sur un principe clair : toutes les recettes doivent être reversées au Trésor Public. Elles s’articulent autour de quatre catégories : recettes pétrolières, impôts directs, recettes douanières et dividendes des participations publiques. Pour 2026, la Direction Générale des Impôts vise 1 545 milliards de FCFA, grâce à l’élargissement de l’assiette, l’ouverture de centres de proximité et surtout, l’introduction de la facture électronique unique, dès le 2 janvier 2026, accompagnée de la fin des compensations fiscales et d’un contrôle renforcé.

La Douane prévoit pour sa part 707 milliards de FCFA, soit 200 milliards de plus qu’en 2025. Pour atteindre cet objectif, plusieurs mesures entreront en vigueur : taxation des produits transformés dans les zones spéciales (de 2 à 10 %), taxation des logiciels importés, réorganisation de la taxe sur le vin, instauration d’une taxe sur les véhicules d’occasion, et suppression des exonérations non prévues par la loi. Autant de dispositifs destinés à rétablir l'équité fiscale et à préserver les recettes.

Enfin, la question de la dette souvent décriée est replacée dans son contexte réel. Avec un encours d’environ 8 000 milliards de FCFA, l’important n’est pas le niveau absolu mais la capacité à honorer le service de la dette à échéance, comme rappelé par les deux membres du gouvernement. Pour 2026, l’État innove avec une stratégie d’endettement principalement orientée vers la monnaie locale : 60 % des 2 000 milliards d’emprunts seront levés sur le marché CEMAC, et 40 % en devises extérieures, avec une priorité accordée aux bailleurs de fonds. Cette approche vise à réduire les risques de change tout en dynamisant le marché financier régional.

Du côté du secteur pétrolier, le déclin du champ Rabbit impose d’accélérer les efforts d’exploration offshore. L’objectif affiché reste ambitieux : atteindre à nouveau une production d’un million de barils par jour grâce à la découverte de nouveaux gisements.