Mission du FMI à Libreville : fin de mission et premiers constats avant les prochaines négociations de Washington
2026-03-09 11:51:00
Après dix jours de discussions à Libreville, la mission technique du Fonds monétaire international (FMI) conduite par Aliona Cebotari a achevé son travail de cadrage macroéconomique. Cette étape marque un moment clé dans le dialogue entre le Gabon et ses partenaires financiers, alors que le pays cherche à stabiliser ses finances publiques et à regagner la confiance des marchés internationaux.
La mission technique du Fonds monétaire
international (FMI) s’est achevée le 6 mars 2026 à Libreville, au terme de
dix jours d’échanges intensifs avec les autorités gabonaises. Conduite par
l’économiste Aliona Cebotari, cette visite s’inscrit dans le cadre du dialogue
régulier entre le Gabon et l’institution financière internationale, dans un
contexte marqué par la transition politique et les attentes des partenaires
économiques.
Au cours de leur séjour, les experts du FMI ont
rencontré les plus hautes autorités du pays, notamment le président de la
Transition Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi que les ministres en
charge de l’Économie et des Finances. Les discussions ont principalement porté
sur l’évolution récente de la situation macroéconomique du Gabon et sur l’état
d’avancement du Plan national de développement de la transition (PNDT),
qui doit servir de feuille de route pour la relance économique.
L’un des principaux points d’attention concerne
la gestion de la dette publique, aujourd’hui estimée à près de 70 %
du produit intérieur brut (PIB). Si ce niveau reste comparable à celui de
plusieurs économies africaines, le FMI souligne néanmoins la nécessité de
maintenir une trajectoire budgétaire prudente afin de préserver les équilibres
macroéconomiques, tant au niveau national que régional dans la zone CEMAC.
La mission a toutefois salué certaines avancées
engagées par les autorités gabonaises, notamment en matière de transparence
et de modernisation de la gestion publique. La mise en place du Système
intégré de gestion des finances publiques (SIGFiP) constitue, selon les
experts, un outil important pour améliorer le suivi des dépenses de l’État et
renforcer la crédibilité budgétaire du pays.
Au-delà du diagnostic économique, cette mission
pourrait préparer le terrain à un nouveau programme de coopération
financière entre le Gabon et le FMI. Si aucun accord n’a encore été
annoncé, les discussions ont mis en avant plusieurs priorités jugées
essentielles pour restaurer la confiance des investisseurs : la lutte contre la
corruption, l’amélioration du climat des affaires et la diversification de
l’économie afin de réduire la dépendance aux revenus pétroliers.
Les échanges devraient se poursuivre dans les
prochaines semaines, notamment lors des Réunions de printemps du FMI et de
la Banque mondiale à Washington. Pour Libreville, l’enjeu est stratégique :
obtenir un appui financier et technique susceptible d’accompagner les grands
projets d’infrastructures tout en garantissant une trajectoire de dette
soutenable pour les années à venir.