Parlons de nos provinces : dans le Woleu-Ntem, l’axe Oyem–Medzeng s’illumine



2026-03-12 11:03:00

Pour cette nouvelle édition de la rubrique « Parlons de nos provinces », BiBa 241 pose son regard sur le Woleu-Ntem, où un projet d’infrastructure énergétique vient de franchir une étape importante. La société La Gabonaise de l'Énergie (LGE) a récemment procédé à la livraison officielle des travaux d’installation et de déplacement des poteaux électriques de haute tension sur l’axe Oyem–Medzeng, long d’environ 37 kilomètres.



Au-delà de la simple pose d’ouvrages électriques, cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large : préparer l’interconnexion énergétique entre le Gabon et la Guinée équatoriale, un projet régional qui pourrait transformer durablement l’approvisionnement en électricité dans la zone frontalière.

Un chantier structurant pour l’économie locale

Selon Parfait Duffy Bibang, président-fondateur de La Gabonaise de l'Énergie, la réalisation de ces travaux a mobilisé des moyens humains et industriels significatifs.

« Un peu plus d’une centaine de personnes ont travaillé sur ce chantier, et plus de 300 poteaux ont été fabriqués localement à Oyem », a-t-il indiqué.

Un élément dont se félicite particulièrement le responsable de l’entreprise : la production locale des infrastructures utilisées. Les poteaux électriques installés sur ce tronçon ont été entièrement fabriqués dans l’usine de la LGE implantée dans la ville d’Oyem, par une main-d’œuvre locale.

Pour l’entreprise, cette dynamique démontre qu’un projet d’infrastructure peut aussi devenir un levier de développement industriel territorial. En stimulant la production de l’usine et en créant des emplois temporaires, le chantier a contribué à renforcer l’activité économique locale tout en valorisant le savoir-faire des ouvriers de la région.

Un maillon stratégique pour l’interconnexion énergétique

Mais l’enjeu dépasse largement le cadre du chantier. Les poteaux électriques installés serviront à soutenir la future ligne d’interconnexion énergétique entre Oyem, la frontière de Medzeng et la ville équato-guinéenne de Mongomo, située en Guinée équatoriale.

Ce projet d’interconnexion vise à renforcer la coopération énergétique entre les deux pays et à sécuriser l’approvisionnement en électricité dans cette zone frontalière. Dans plusieurs régions d’Afrique centrale, les réseaux électriques nationaux restent fragmentés, ce qui limite les capacités d’échange d’énergie entre États voisins.

L’interconnexion apparaît donc comme une réponse technique et stratégique : elle permet d’optimiser la production disponible, de réduire les risques de pénurie et d’améliorer la stabilité des réseaux.

Une orientation portée au sommet de l’État

Le projet s’inscrit dans la vision impulsée par le président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui encourage depuis plusieurs mois le développement d’infrastructures énergétiques capables de soutenir l’intégration régionale.

Selon Parfait Duffy Bibang, les travaux relatifs à l’interconnexion proprement dite devraient démarrer dans les tout prochains jours, une fois les installations préalables achevées sur le tronçon Oyem–Medzeng.

L’énergie comme moteur de développement provincial

Dans une province comme le Woleu-Ntem, où les enjeux d’infrastructures demeurent importants, ce type de projet revêt une dimension particulière. L’amélioration de l’accès à l’électricité est souvent considérée comme un facteur clé du développement économique : elle favorise l’implantation d’entreprises, soutient les activités agricoles et commerciales, et améliore les conditions de vie des populations.

En préparant l’interconnexion avec la Guinée équatoriale, le chantier réalisé sur l’axe Oyem – Medzeng pourrait ainsi ouvrir une nouvelle phase dans la coopération énergétique sous-régionale.

À travers cette initiative, le Woleu-Ntem se positionne progressivement comme un territoire stratégique dans la circulation de l’énergie en Afrique centrale, illustrant comment des projets d’infrastructures locaux peuvent porter des ambitions régionales.