PLF 2027 : La Cour des comptes émet des réserves.



2026-10-07 13:26:00

Le gouvernement gabonais prévoit un budget de 6 223,1 milliards FCFA pour 2027. Présenté à l’équilibre, le projet repose pourtant sur un déficit budgétaire de près de 909 milliards FCFA, un service de la dette de 2 689,7 milliards FCFA et un recours important à l’emprunt. La Cour des comptes émet par ailleurs des réserves sur la crédibilité des hypothèses retenues.



Le Gabon prépare un budget 2027 d’un montant de 6 223,1 milliards FCFA. Le Projet de Loi de finances repose sur une hypothèse de croissance de 4,5 %, contre 4 % attendus en 2026. Le gouvernement mise notamment sur une progression du secteur hors pétrole, mais également sur une hausse de la production pétrolière, du manganèse et le démarrage du minerai de fer.

Les hypothèses retenues prévoient une croissance de 4,6 % du secteur hors pétrole et une progression de 4,1 % du secteur pétrolier. La production de pétrole devrait atteindre 11,30 millions de tonnes, contre 10,80 millions en 2026. Le manganèse devrait, lui, atteindre 10,35 millions de tonnes. Ces différentes évolutions doivent contribuer à soutenir les recettes et l’activité économique.

Mais l’équation budgétaire demeure particulièrement exigeante. Les recettes sont estimées à 3 291,7 milliards FCFA, tandis que les dépenses atteindraient 3 882,7 milliards FCFA. Il en ressort un déficit budgétaire de 908,95 milliards FCFA, qui devra être couvert par différentes opérations de financement, notamment un Eurobond de 1 144,1 milliards FCFA.

À cette pression sur le financement s’ajoute le poids de la dette. Le service de la dette devrait atteindre 2 689,7 milliards FCFA en 2027, dont 667,3 milliards FCFA au titre des intérêts. Cette charge limite mécaniquement les marges de manœuvre disponibles pour financer les autres priorités publiques et renforce la nécessité de sécuriser les recettes attendues.

C’est précisément sur la solidité du scénario que la Cour des comptes appelle à la vigilance. La juridiction relève notamment l’absence de certaines annexes obligatoires et un manque de transparence concernant les méthodes utilisées pour établir les projections macroéconomiques. Elle estime ne pas disposer de tous les éléments nécessaires pour apprécier leur crédibilité et leur sincérité. Le principal défi du PLF 2027 sera donc moins son montant que la capacité du gouvernement à démontrer que les hypothèses de recettes, de croissance et de financement peuvent soutenir durablement cette trajectoire budgétaire.