Poulet 100 % gabonais : à un an de l’échéance, le Gabon face au défi de transformer l’ambition politique en écosystème productif
2026-01-09 13:12:00
À moins de 360 jours de l’interdiction totale des importations de poulet de chair, le Gabon est face à une équation complexe : transformer une ambition politique en un écosystème productif fonctionnel. Au-delà de la décision, c’est la capacité de l’État à exécuter, coordonner et livrer qui est désormais interrogée.
Le compte à rebours est enclenché. À compter du
1er janvier 2027, le poulet importé devra disparaître des étals gabonais.
L’objectif est clair : renforcer la souveraineté alimentaire et soutenir la
production nationale. Mais derrière l’annonce, une question centrale demeure :
le pays est-il structurellement prêt à combler un déficit estimé à près de 50
000 tonnes par an ?
Le premier verrou est économique. L’alimentation
animale représente plus de 50 % du coût de production. Tant que le maïs et le
soja resteront massivement importés, le poulet local restera moins compétitif.
Sans provenderies industrielles opérationnelles, l’interdiction des
importations risque de provoquer pénuries et flambée des prix.
Mais l’aliment n’est qu’un maillon. Couvoirs
nationaux, abattoirs industriels, chaîne du froid, logistique intérieure : tout
l’écosystème doit fonctionner simultanément. Un abattoir capable de traiter
plus de 70 000 tonnes par an n’est pas un luxe, mais une condition minimale
pour garantir hygiène, traçabilité et régularité de l’offre.
Sur le papier, la stratégie est cohérente. Six
pôles agropastoraux ont été annoncés à travers le pays, couvrant les
principales zones géographiques. Mais l’expérience gabonaise invite à la
prudence : entre annonces et réalisations, l’écart peut être significatif si
les raccordements, l’énergie, les routes et la logistique ne suivent pas.
Enfin, la question humaine reste décisive. Former 40 000 personnes est une avancée. Mais sans accès sécurisé au foncier, financement initial et accompagnement technique, la formation restera théorique. À un an de l’échéance, le véritable enjeu n’est plus la vision, mais l’exécution.