Rapport pays 2025: la BAD appelle à une synergie entre l’ANPI, la CDC, le FGIS et la BCEG pour dynamiser les financements du secteur privé



2026-03-11 11:55:00

Dans son rapport pays 2025, la Banque africaine de développement (BAD) invite le Gabon à renforcer la coordination entre les principales institutions publiques dédiées au financement et à la promotion de l’investissement. Malgré la présence de structures comme l’ANPI, la CDC, le FGIS et la BCEG, l’accès au financement du secteur privé demeure largement inférieur aux standards africains, révélant la nécessité d’une stratégie commune pour mobiliser plus efficacement les ressources disponibles.



Le financement du secteur privé gabonais reste en deçà des attentes, malgré la présence de plusieurs institutions publiques censées soutenir l’investissement et l’entrepreneuriat. Dans son rapport pays 2025, la Banque africaine de développement (BAD) souligne que le crédit intérieur accordé au secteur privé ne représente que 13,3 % du PIB, contre une moyenne d’environ 37 % en Afrique subsaharienne. Pour l’institution, ce décalage s’explique en partie par un écosystème institutionnel jugé trop fragmenté.

Selon la BAD, des acteurs majeurs comme l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI), la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), le Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques (FGIS) et la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG) disposent chacun de leviers importants, mais leurs interventions restent souvent dispersées. Cette absence de coordination limite l’impact global des dispositifs publics, alors même que des ressources financières importantes existent dans le système.

Dans ce contexte, la BAD recommande la mise en place d’une véritable synergie institutionnelle. L’idée serait de structurer une chaîne de financement cohérente : le FGIS et la CDC pourraient intervenir davantage en amont sur les mécanismes de capital-investissement et de capital-risque, tandis que la BCEG jouerait un rôle clé dans les garanties permettant de réduire le coût du crédit pour les petites et moyennes entreprises.

Le rapport souligne également l’importance de renforcer la dynamique autour des Zones d’Investissement Spéciales (ZIS), considérées comme un levier majeur de transformation industrielle. Pour maximiser leur impact en matière d’emplois et de valeur ajoutée locale, la BAD encourage l’ANPI à simplifier le parcours des investisseurs et la BCEG à soutenir plus activement le financement des chaînes de valeur nationales, notamment dans la filière bois où le Gabon dispose d’un avantage compétitif.

À terme, l’objectif est d’accroître la contribution du secteur manufacturier à l’économie nationale et de mieux valoriser le potentiel du pays en matière de richesse naturelle. Pour la BAD, la diversification économique du Gabon dépend désormais moins de la volonté politique que de la capacité des institutions financières publiques à agir de manière coordonnée et stratégique pour soutenir l’investissement productif.