Tourisme au Gabon : l’AGATOUR étranglée par le manque de financements
2026-04-28 09:18:00
L’Agence gabonaise de développement et de promotion du tourisme (AGATOUR) traverse une crise financière critique. Entre masse salariale écrasante, absence d’investissements et ressources inexploitées, l’opérateur public peine à remplir sa mission de promotion de la destination Gabon.
Le constat est alarmant. Réuni le 24 avril dernier, le conseil d’administration de l’Agence gabonaise de développement et de promotion du tourisme (AGATOUR) a dressé un tableau préoccupant de la situation financière de l’institution. Au cœur des inquiétudes : un déséquilibre budgétaire qui compromet sérieusement ses capacités opérationnelles.
Sur un budget de fonctionnement 2026 estimé à 468,5 millions de FCFA, près de 83 % sont absorbés par la masse salariale. Une charge qui laisse à peine 76,5 millions de FCFA pour assurer l’ensemble des activités de promotion touristique, de fonctionnement courant et de développement. Une marge jugée largement insuffisante pour porter les ambitions du secteur.
À cette contrainte s’ajoute un autre handicap majeur : l’absence totale de budget d’investissement depuis trois ans. Une situation qui freine considérablement la mise en œuvre de projets structurants, pourtant essentiels à la valorisation du potentiel touristique du pays.
Car le Gabon ne manque pas d’atouts. Entre ses parcs nationaux, sa biodiversité exceptionnelle et son littoral encore préservé, le pays dispose de ressources naturelles capables d’attirer une clientèle internationale en quête d’écotourisme. Mais sans moyens adéquats, l’AGATOUR peine à promouvoir efficacement cette destination.
Pour redresser la barre, l’agence évalue ses besoins à 827,6 millions de FCFA pour son plan d’action 2026, et à 1,3 milliard de FCFA pour déployer sa stratégie « Horizon 2030 ». Un cap ambitieux, mais aujourd’hui hors de portée sans un renforcement significatif des ressources financières.
Autre point de blocage : la non-perception de la redevance touristique prévue par la loi. Ce mécanisme, qui prévoit le versement de 1 % du chiffre d’affaires des établissements hôteliers, pourrait pourtant constituer une source de financement durable pour l’agence. Son application effective apparaît désormais comme une priorité.
Face à cette situation critique, deux commissions ad hoc ont été mises en place. Leur mission : proposer des solutions de financement innovantes et repenser la gestion des ressources humaines, afin d’optimiser les dépenses et améliorer la performance globale de l’institution.
Douze ans après sa création, l’AGATOUR reste à la croisée des chemins. Entre potentiel inexploité et contraintes structurelles, l’avenir du tourisme gabonais dépendra en grande partie de la capacité des autorités à donner un nouveau souffle à cet outil stratégique.