Transport: La CNT rentrera-t-elle vraiment en activité ?
2026-10-29 18:15:00
Annoncée pour moderniser le transport public et soulager les usagers, la Compagnie nationale de transport (CNT) tarde à se matérialiser sur le terrain. Entre salaires impayés à la SOGATRA, reprise des tensions syndicales et incertitudes autour de la fusion avec Trans’Urb, le lancement effectif de la nouvelle entité suscite de plus en plus d’interrogations.
La Compagnie nationale de transport (CNT) verra-t-elle réellement le jour dans les conditions annoncées par les autorités ? À la fin du mois d’octobre 2026, la question se pose avec davantage d’insistance. Alors que le gouvernement avait annoncé son entrée en phase opérationnelle en septembre, la situation sociale au sein de la Société gabonaise de transport (SOGATRA) vient raviver les doutes sur la concrétisation de cette réforme.
Le 28 octobre, au terme d’une assemblée générale extraordinaire organisée au siège de la CNT, les représentants syndicaux de la SOGATRA ont annoncé la reprise de leur mouvement de grève. En cause : des engagements jugés non respectés par la direction générale et deux mois de salaires impayés, selon les informations rapportées par Gabonactu.
« Nous avons suspendu la grève à SOGATRA par rapport à certains accords de principe que nous avons conclus avec la direction générale qui, malheureusement, n’arrive pas à tenir ses promesses », a déclaré Évangeline Ndjako Ndaka épouse Ngowet, présidente du SYATRAT.
Au-delà de la question salariale, les travailleurs dénoncent un manque de visibilité sur les modalités de la fusion entre la SOGATRA et Trans’Urb. Ils regrettent également leur mise à l’écart des discussions concernant une restructuration qui doit pourtant déterminer leur avenir professionnel. Une situation qui fragilise le climat social au moment même où la nouvelle compagnie est censée prendre son envol.
Le 18 septembre 2026, le Conseil des ministres a acté le lancement opérationnel de la CNT, issue du processus de fusion-absorption de la SOGATRA et de Trans’Urb. L’objectif affiché est de regrouper les moyens humains, matériels et financiers des deux structures au sein d’un opérateur public unique, capable d’améliorer la qualité du transport urbain et interurbain.
Mais entre la présentation d’un dispositif et son fonctionnement effectif, un écart demeure. À mesure que le calendrier avance, la question n’est donc plus seulement de savoir quels moyens ont été prévus, mais quand les usagers pourront réellement en bénéficier.
La principale difficulté réside désormais dans la capacité à transformer la fusion administrative en une organisation opérationnelle cohérente. Le gouvernement a annoncé le maintien intégral des emplois et la reprise sans interruption des contrats de travail dans le cadre de la réforme. Or, les revendications des agents de la SOGATRA montrent que des interrogations persistent sur la mise en œuvre concrète de ces engagements.
Le paiement des salaires, la clarification des conditions de transfert du personnel, la communication avec les partenaires sociaux et la définition des responsabilités constituent autant de sujets à régler pour assurer une transition durable.
Sans réponses concrètes à ces préoccupations, les tensions risquent de compromettre le calendrier de mise en service et, par conséquent, la continuité du service public de transport.
Pour les populations, le retard de la CNT n’est pas qu’une question institutionnelle. Il touche directement au pouvoir d’achat et à la mobilité quotidienne.
Dans le Grand Libreville, les déplacements représentent une dépense récurrente pour les travailleurs, les élèves, les étudiants et les familles. La mise en place d’une offre publique plus régulière et mieux structurée est donc attendue comme un moyen de faciliter les trajets et de rendre les coûts de transport plus prévisibles.
Pour les usagers, l’enjeu est simple : les tarifs annoncés et les lignes prévues doivent se traduire par des bus accessibles, disponibles et suffisamment réguliers. À défaut, la réforme risque de rester une promesse institutionnelle sans effet tangible sur les dépenses quotidiennes.
À la fin du mois d’octobre, plusieurs questions demeurent donc en suspens : quel est le calendrier réel du démarrage de la CNT ? Où en est précisément l’intégration des personnels de la SOGATRA et de Trans’Urb ? Quelles mesures sont prévues pour régler les arriérés de salaires dénoncés par les syndicats ? Et quand les usagers pourront-ils constater les premiers résultats de cette réforme ?
La CNT rentrera-t-elle vraiment en activité ?
La réponse dépend désormais de la capacité des autorités et de la direction à lever les blocages sociaux et organisationnels. Pour les travailleurs comme pour les usagers, l’attente se prolonge. Et chaque jour de retard renforce une exigence : passer des annonces aux actes.