Violences faites aux femmes : le « Parlement Rose » plaide pour une action collective
2026-04-08 09:08:00
Réunis à Libreville, acteurs institutionnels et communautaires ont appelé à briser le silence et à renforcer les mécanismes de protection des victimes lors de la 2e édition du « Parlement Rose ».
La lutte contre les violences faites aux femmes a été au cœur des échanges lors de la deuxième édition du « Parlement Rose », organisée par la plateforme « Le Salon de la femme », dirigée par Sidonie Flore Ouwé.
Placée sous le thème « Droits, justice et action », cette rencontre a rassemblé responsables politiques, experts du droit et acteurs communautaires, avec un objectif clair : améliorer la prise en charge des victimes et renforcer les dispositifs de protection existants.
Au centre des discussions, une réalité préoccupante : le silence qui entoure encore trop souvent ces violences. Pour les organisateurs, dénoncer reste un acte essentiel pour briser le cycle des abus et permettre aux victimes d’accéder à la justice. Un message largement relayé devant des représentants des communes de Libreville, Akanda et Ntoum, ainsi que des chefs de quartiers.
Les participants ont insisté sur la nécessité d’un engagement collectif, appelant notamment les autorités locales, les leaders religieux et communautaires à ne plus encourager les victimes à endurer les violences, même dans le cadre du mariage. L’idée d’organiser des États généraux du mariage a également été évoquée, afin de repenser certaines pratiques sociales.
Les échanges ont également permis de mettre en lumière les freins à la dénonciation, notamment la dépendance économique, la peur du regard social et le manque d’information. Malgré ces obstacles, les organisateurs ont présenté des résultats encourageants : sur 194 cas recensés, 180 ont été résolus favorablement grâce à l’intervention de la justice.
Toutefois, certains drames, comme le décès d’Agathe Mamboundou, rappellent les limites du dispositif actuel. Pour y remédier, les intervenants ont insisté sur l’utilisation accrue de mesures juridiques existantes, notamment les mesures d’éloignement, permettant de protéger rapidement les victimes.
Enfin, la question des moyens a été soulevée. Le « Salon de la femme » a lancé un appel aux autorités, en particulier au ministère des Affaires sociales, ainsi qu’aux partenaires, pour renforcer les centres d’accueil, dont celui de Nzeng-Ayong.
À l’issue des travaux, les recommandations seront transmises aux autorités compétentes, avec pour ambition de faire évoluer les politiques publiques et d’assurer une meilleure protection des femmes au Gabon.