AEN en chute : 121,9 milliards de FCFA en 2024 contre -403,2 milliards de FCFA en 2025
2026-04-21 12:52:00
Entre 2024 et 2025, les avoirs extérieurs nets de la CEMAC ont connu une chute spectaculaire, passant d’une position positive à un niveau largement déficitaire. Une évolution préoccupante qui met en lumière les fragilités du système monétaire régional.
La situation financière de la Communauté
économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) connaît une dégradation
préoccupante. En l’espace d’un an, les avoirs extérieurs nets (AEN) sont passés
de 121,9 milliards de FCFA en décembre 2024 à -403,2 milliards de FCFA en 2025,
soit une chute vertigineuse de plus de 430 %. Un basculement brutal qui traduit
une perte d’équilibre significative dans les relations financières avec
l’extérieur.
Cette évolution ne relève pas d’un choc
ponctuel, mais d’une tendance progressive observée tout au long de l’année
2025. Les indicateurs montrent une dégradation continue : encore positifs au
premier trimestre, les AEN sont devenus négatifs dès le deuxième trimestre,
avant de s’enfoncer davantage au fil des mois. Cette trajectoire traduit une
fragilité structurelle du système monétaire sous-régional.
L’analyse des composantes révèle un rôle
central de la banque centrale dans cette détérioration. Ses avoirs extérieurs
nets ont fortement chuté, passant de -280,8 milliards de FCFA en 2024 à -708,1
milliards en 2025. Cette situation s’explique notamment par des transferts
entrants déficitaires, une pression accrue sur la balance commerciale et une
augmentation des règlements extérieurs.
Les banques commerciales, bien que moins
impactées, n’ont pas été épargnées. Leurs avoirs extérieurs nets ont reculé de
24,3 %, signe d’un affaiblissement global du système financier. Cette
contraction traduit une baisse de la liquidité extérieure et une exposition
accrue aux déséquilibres internationaux.
Au final, cette dégradation a directement
affecté les réserves de change et le taux de couverture extérieure de la
monnaie, désormais ramené à 67 % contre 74,9 % un an plus tôt. Une baisse qui
réduit considérablement les marges de manœuvre de la CEMAC et renforce
l’urgence de réformes structurelles pour restaurer la stabilité monétaire.