Assurance Gabon : 4 groupes dominent 79 % du marché et injectent 75 milliards FCFA dans l’économie
2026-01-28 16:41:00
En 2024, le marché gabonais de l’assurance a connu une forte progression des sinistres réglés, portée par la branche non-vie et une accélération notable de l’assurance vie. Cette dynamique s’accompagne d’une concentration accrue du secteur et d’un repositionnement stratégique des compagnies, désormais acteurs majeurs du financement de l’économie nationale.
Selon le Tableau de bord de l’économie 2024
avec perspectives 2025-2026 publié par la Direction générale de l’Économie
et de la Politique fiscale (DGEPF), les sinistres réglés par les compagnies
d’assurance ont atteint 54,19 milliards FCFA en 2024, contre 44,37
milliards FCFA en 2023, soit une hausse annuelle de 22 %. Cette
progression traduit à la fois une augmentation de l’activité assurantielle et
une meilleure capacité du secteur à honorer ses engagements.
La branche non-vie concentre l’essentiel
des indemnisations, avec 33,13 milliards FCFA de sinistres réglés en
2024, représentant 62 % du total du marché, en hausse de 16 % sur un an.
Elle demeure dominée par les segments de l’automobile, de l’incendie et de la
responsabilité civile. La branche vie, bien que plus modeste en volume,
affiche une dynamique nettement plus soutenue, avec 21,06 milliards FCFA de
sinistres réglés, soit 38 % du total, et une croissance annuelle
marquée de 33 %.
Cette accélération de l’assurance vie se reflète
également dans son chiffre d’affaires, qui atteint 37,56 milliards FCFA en
2024. Elle est principalement portée par les produits d’épargne-retraite,
dont la collecte a progressé de 15,4 %, pour s’établir à 27,43
milliards FCFA. Malgré cette performance, l’assurance vie ne représente
encore que 38 % des parts de marché, contre 62 % pour la non-vie,
illustrant le potentiel de croissance encore inexploité de ce segment.
Le marché gabonais de l’assurance reste par
ailleurs fortement concentré. Quatre groupes – OGAR, SUNU, ASSINCO et
SANLAM IARD – captent à eux seuls 79 % des parts de marché nationales
en 2024, confirmant une structure oligopolistique. Cette concentration
influence les stratégies commerciales du secteur, notamment la réduction
progressive du recours aux intermédiaires traditionnels.
Les commissions versées aux intermédiaires
se sont ainsi établies à 12,61 milliards FCFA en 2024, en recul de 2 %
par rapport à 2023. Cette baisse est principalement imputable à la branche
non-vie, tandis que les commissions de la branche vie ont progressé de 28 %.
Parallèlement, les compagnies renforcent leur rôle d’investisseurs
institutionnels, avec des placements globaux atteignant 75,62 milliards
FCFA, en hausse de 58,3 %, majoritairement investis au Gabon sous forme de
titres publics et de dépôts à terme, contribuant directement au financement de
l’économie et du budget de l’État.