BAD : l’Afrique peut mobiliser jusqu’à 1 430 milliards de dollars par an
2026-06-10 12:04:00
Dans son rapport 2026, la Banque africaine de développement estime que l’Afrique dispose d’un potentiel considérable pour financer sa transformation économique. L’institution appelle les États à renforcer la mobilisation des ressources internes et à améliorer leur gouvernance pour libérer ce potentiel.
La Banque africaine de développement (BAD) affiche un
optimisme mesuré quant à l’avenir économique du continent. Dans son rapport
2026 intitulé « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement
du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », l’institution estime
que l’Afrique pourrait générer jusqu’à 1 430 milliards de dollars
supplémentaires chaque année pour financer son développement.
Cette projection s’appuie sur les performances économiques
enregistrées ces dernières années. En 2025, la croissance du PIB réel africain
a atteint 4,4 %, contre 3,5 % en 2024. Une progression qui place le continent
parmi les régions les plus dynamiques du monde, malgré un contexte
international marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes
économiques.
Pour autant, la BAD souligne que cette croissance demeure
insuffisante pour réduire durablement la pauvreté, absorber le chômage
structurel et accélérer la transformation des économies africaines. Selon
l’institution, plusieurs obstacles continuent de freiner la mobilisation des
ressources financières nécessaires au développement du continent.
Parmi les pistes identifiées figurent le renforcement des
recettes fiscales, la modernisation numérique des administrations, une
meilleure gestion des dépenses publiques ainsi que le recours accru aux
partenariats public-privé. La BAD insiste également sur le potentiel des
transferts de la diaspora africaine, évalués à plus de 95 milliards de dollars
par an, qui pourraient davantage contribuer au financement des projets
structurants.
Au-delà des chiffres, le rapport délivre un message clair :
l’Afrique ne manque pas de ressources, mais doit améliorer sa capacité à les
mobiliser et à les orienter vers les secteurs créateurs d’emplois et de valeur
ajoutée. Pour les investisseurs, les entrepreneurs et les décideurs publics,
cette étude constitue une invitation à bâtir des cadres économiques plus
attractifs et plus efficaces afin de transformer le potentiel du continent en
prospérité durable.