Centrale d’achat : où en est-on dans la lutte contre la vie chère ?



2026-07-26 12:49:00

Trois mois après son lancement, la Centrale d’achat du Gabon amorce une nouvelle étape de son développement. Entre opérations de vente à prix réduits et évolution de ses missions, où en est réellement cet outil présenté comme un levier de régulation du marché ?



Lancée le 10 avril dernier avec l’ambition de rendre les produits de première nécessité plus accessibles aux ménages, la Centrale d’achat du Gabon (CEAG) est aujourd’hui attendue sur un terrain plus stratégique. Si les méga marchés organisés depuis sa création ont permis à de nombreux consommateurs de bénéficier de denrées à moindre coût, ces opérations ponctuelles suffisent-elles à enrayer durablement la flambée des prix ? C’est précisément la question à laquelle les autorités tentent désormais d’apporter une réponse en faisant évoluer le rôle de la CEAG.

 

Les ventes promotionnelles ne disparaissent pas. Au contraire, de nouvelles opérations sont annoncées dans les PK puis à Makokou. Mais l’enjeu se situe désormais en amont. À l’issue d’une réunion avec le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, le directeur général de la CEAG, Théophile Boutamba, a annoncé que la structure devrait prochainement assurer elle-même les commandes, l’importation et la mise sur le marché de plusieurs produits de première nécessité. Cette évolution, préparée avec les Douanes et les services techniques du ministère de l’Économie, marque un changement de dimension : la Centrale ne se contente plus de vendre à bas prix, elle entend agir directement sur les circuits d’approvisionnement afin de limiter les pratiques spéculatives.

 

La question « où en est-on ? » trouve ainsi une première réponse : la CEAG entre dans une phase de consolidation. Son efficacité ne sera plus seulement mesurée au nombre de méga marchés organisés, mais à sa capacité à influencer durablement les prix, sécuriser les approvisionnements et protéger le pouvoir d’achat des ménages. Si les mesures annoncées, notamment le plafonnement de certains achats et l’extension progressive du dispositif à l’intérieur du pays, produisent les effets attendus, la Centrale d’achat pourrait s’imposer comme un véritable instrument de régulation économique. Le défi reste désormais de transformer cette ambition en résultats concrets et durables pour les consommateurs gabonais.