BDEAC : 192,5 milliards de FCFA d’engagements non honorés fragilisent la banque du développement régional



2026-03-13 12:20:00

Pilier du financement du développement dans l’espace CEMAC, la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) fait face à un paradoxe financier préoccupant. Alors qu’elle a soutenu plus de 280 projets pour plusieurs milliers de milliards de francs CFA, près de 192,5 milliards de FCFA d’engagements liés à son capital restent encore non honorés.



La Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale traverse une situation financière qui interroge la gouvernance économique régionale. Selon plusieurs analyses récentes, la dette liée à la libération du capital de la banque atteindrait environ 192,5 milliards de francs CFA. Un montant significatif qui représente des engagements financiers non honorés par certains acteurs censés pourtant soutenir l’institution.


Depuis sa création, la BDEAC s’est imposée comme l’un des principaux instruments de financement du développement dans l’espace CEMAC. L’institution a déjà contribué au financement de plus de 280 projets dans des secteurs stratégiques tels que les infrastructures, l’énergie, l’agriculture ou encore l’industrialisation.


Dans une région confrontée à des besoins massifs en infrastructures et en diversification économique, les investissements nécessaires se chiffrent en plusieurs milliers de milliards de francs CFA. La BDEAC est donc appelée à jouer un rôle central pour soutenir les politiques publiques et accompagner la transformation économique des États membres.


Le paradoxe réside dans le fait que certains des acteurs qui sollicitent les financements de la banque figurent également parmi ceux qui tardent à honorer leurs engagements financiers envers l’institution. Cette situation limite la capacité de la BDEAC à mobiliser davantage de ressources et à financer de nouveaux projets structurants.


Au-delà du seul cas de la BDEAC, ces 192,5 milliards de FCFA de capital non libéré posent la question de la discipline financière dans la région. Pour les investisseurs et les partenaires internationaux, la solidité des institutions financières régionales repose d’abord sur le respect des engagements par leurs propres actionnaires.