Vacations universitaires : l’audit révèle un écart de 1,06 milliard de francs CFA
2026-08-12 12:42:00
L’audit commandé sur les vacations des enseignants du supérieur met au jour un écart de 1,06 milliard de francs CFA entre les montants déclarés et les dépenses effectivement justifiées. Le contrôle, réalisé dans douze établissements publics au titre des exercices 2023-2024 et 2024-2025, révèle plusieurs anomalies administratives et comptables. Le Gouvernement annonce désormais un renforcement des contrôles et n’exclut pas d’éventuelles poursuites en cas d’irrégularités intentionnelles.
Le dossier des vacations universitaires entre
dans une nouvelle phase après les conclusions d’un audit commandé par le
président de la République. Le contrôle fait apparaître un écart de 1 060 193
019 francs CFA sur une dette initialement déclarée à 3 488 406 925 francs CFA.
Autrement dit, plus d’un milliard de francs CFA n’a pas pu être justifié à ce
stade. Les résultats de l’opération ont été présentés mardi 11 août au
vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault. Le ministre de
l’Enseignement supérieur, Pr Charles Edgar Mombo, était également présent lors
de cette présentation.
Le contrôle a été réalisé par la direction de
l’audit et du contrôle interne du ministère des Finances. Il a porté sur les
exercices académiques 2023-2024 et 2024-2025. Au total, douze établissements
publics ont été examinés. Les investigations ont concerné notamment des
facultés, des grandes écoles et des instituts de recherche. L’objectif était de
confronter les montants déclarés aux pièces et données permettant d’établir la
réalité des prestations. Cette opération devait ainsi permettre de déterminer
plus précisément les sommes réellement dues au titre des vacations.
Plusieurs anomalies administratives et
comptables ont été relevées par les contrôleurs. Le rapport fait notamment état
d’écarts dans les volumes d’heures déclarés. Des dépassements des plafonds
réglementaires auraient également été constatés. À cela s’ajoutent des pièces
justificatives manquantes ainsi que des doublons dans certains états transmis.
Les auditeurs ont également identifié des éléments qui ne relèveraient pas
directement du périmètre des vacations. Des prélèvements fiscaux non
régularisés figurent également parmi les points soulevés par le contrôle.
Au-delà du montant de la dette, l’audit pose
donc la question du fonctionnement global du dispositif. Les autorités
envisagent notamment une révision du décret n°0011/PR/MESRSTT du 7 mars 2023
relatif aux obligations de service et aux conditions de rémunération des heures
supplémentaires et vacations. Le renforcement du contrôle interne fait
également partie des recommandations. L’harmonisation des états de paiement et
la fiabilisation du fichier des bénéficiaires sont également préconisées.
L’objectif est de limiter les erreurs, les doublons et les déclarations
insuffisamment documentées dans la chaîne de paiement.
La dimension judiciaire n’est pas totalement
écartée par le Gouvernement. Les autorités souhaitent d’abord distinguer les
montants réellement dus de ceux qui ne peuvent être justifiés. Des pièces
complémentaires pourraient encore permettre de clarifier certaines situations.
Toutefois, si des malversations financières ou des actes délibérés sont
formellement établis, des poursuites pourraient être engagées. Hermann
Immongault a présenté cette démarche comme un moyen d’instaurer une gestion
plus vertueuse et rationnelle des ressources publiques. Au-delà de la polémique
sur les vacations, l’audit ouvre ainsi la voie à une réforme structurelle de
leur gestion dans l’enseignement supérieur gabonais.