Budget 2027 : Sans accord avec le FMI, 300 milliards de FCFA manqueraient au budget



2026-08-26 12:28:00

Le Cameroun fait face à une équation budgétaire délicate. Alors que les négociations avec le Fonds monétaire international progressent lentement, le gouvernement compte pourtant sur un nouveau programme pour mobiliser près de 300 milliards de FCFA dès 2027. Un accord devenu central pour l’équilibre des finances publiques.



Le Cameroun mise sur un nouveau programme économique et financier avec le FMI pour sécuriser une partie du financement de son budget à partir de 2027. Le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme prévoit ainsi 300 milliards de FCFA d’appuis budgétaires liés à la conclusion d’un nouvel accord avec l’institution de Bretton Woods.

Cette enveloppe représente près de 9,5 % des besoins globaux de financement estimés à 3 161,5 milliards de FCFA pour 2027. L’importance de ces ressources apparaît encore plus clairement lorsque l’on observe le déficit budgétaire projeté, évalué à 1 018 milliards de FCFA. Les financements attendus du FMI représenteraient ainsi près de 30 % de ce déficit.

Le problème est que les négociations avancent lentement. L’incertitude politique et les retards dans la prise de décision gouvernementale ont notamment ralenti l’exécution du budget ainsi que les discussions avec le FMI. Dans ce contexte, Moody’s a revu sa prévision de croissance pour 2026 à 3,4 %, soulignant les difficultés auxquelles l’économie camerounaise pourrait être confrontée.

L’absence d’un nouvel accord créerait donc un risque majeur pour les finances publiques. Le gouvernement devrait trouver d’autres sources pour compenser les 300 milliards de FCFA initialement prévus. Un recours accru à l’endettement, une mobilisation supplémentaire des recettes internes ou une réduction de certaines dépenses pourraient alors devenir nécessaires.

L’enjeu dépasse par ailleurs les seules ressources directement apportées par le FMI. Un accord avec l’institution peut également faciliter l’accès à d’autres financements provenant de partenaires comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Union européenne ou encore les bailleurs bilatéraux. Pour Yaoundé, parvenir rapidement à un accord pourrait donc sécuriser bien plus qu’une simple enveloppe budgétaire : il s’agit d’une pièce centrale de sa stratégie financière pour les trois prochaines années.