Burkina Faso : Influenceurs sous contrôle désormais pour leurs collectes de fonds sans autorisation



2026-07-09 15:52:00

Au Burkina Faso, l’heure est au contrôle renforcé des appels à la solidarité lancés sur les réseaux sociaux. Le gouvernement impose désormais un cadre strict aux influenceurs, associations et citoyens qui souhaitent organiser des collectes de fonds au profit des personnes vulnérables. À travers une nouvelle réglementation, Ouagadougou entend mettre fin aux initiatives jugées désordonnées et oblige désormais tout porteur de projet solidaire à obtenir une autorisation préalable auprès du ministère en charge de la Solidarité.



Cette décision, annoncée par le ministère dirigé par le lieutenant-colonel Pélagie Kaboré, s’appuie sur un décret adopté en Conseil des ministres le 2 juillet 2026. Au cœur du dispositif figure la plateforme numérique « DEME SIRA », présentée comme un outil de centralisation et de traçabilité des actions humanitaires. Pour les autorités, il s’agit de garantir une meilleure gestion des fonds collectés et d’éviter les dérives observées lors de certaines campagnes devenues virales sur internet.

Le gouvernement burkinabè justifie également cette réforme par la nécessité de protéger la dignité des bénéficiaires. Les autorités dénoncent notamment la multiplication d’images et de vidéos exposant la souffrance des personnes aidées dans le but de mobiliser des dons. Désormais, les influenceurs et créateurs de contenu devront composer avec ces nouvelles exigences sous peine de sanctions, une mesure qui pourrait bouleverser les pratiques de solidarité très populaires sur les plateformes numériques.

À travers ce nouveau dispositif, Ouagadougou cherche à encadrer un phénomène devenu incontournable dans la société burkinabè : la mobilisation citoyenne en ligne. Si la volonté de transparence et de protection des bénéficiaires est mise en avant, cette réglementation soulève déjà des interrogations sur l’équilibre entre contrôle administratif et spontanéité de l’entraide. Dans un pays confronté à de nombreux défis humanitaires, la question reste posée : comment organiser la solidarité sans freiner l’élan populaire ?