Conflit au Moyen-Orient : L’Afrique pourrait perdre 0,2 points de croissance en 2026 selon la BAD



2026-04-20 09:57:00

« Impacts du conflit au Moyen-Orient sur les économies africaines ». Tel est l’intitulé d’un document conjoint présenté le 15 avril 2026 à Washington DC par la Commission de l’Union africaine, le Groupe de la Banque africaine de développement, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale .



Le document souligne que les économies africaines qui se relevaient doucement des conséquences drastiques du Covid-19, de la guerre russo-ukrainienne et des hausses des tarifs commerciaux, pourraient perdre jusqu’à 0,2 points de croissance en 2026 à cause du conflit en cours au Proche Orient. Les principaux canaux de transmission des effets des conflits au Moyen-Orient sur les économies africaines sont notamment : les envolées des prix des hydrocarbures, des produits alimentaires et des engrais ; la perturbation du commerce mondial et des chaînes logistiques et d’approvisionnement, ainsi que la volatilité des marchés des capitaux et de change. « 80 % du pétrole importé en Afrique vient de cette zone ainsi que 50 % du pétrole raffiné  » a déclaré Claver Gatete, secrétaire exécutif de la CEA. Du fait de ces guerres précise-t-il, 31 pays africains enregistrent déjà une dépréciation de leurs devises.

« Il y a nécessité d’une coordination globale car, aucun pays ni institution ne peut faire face seule aux chocs. En plus, il faut une réactivité rapide comme ce fut le cas lors de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine et que les populations soient placées au centre des interventions» a déclaré Marie-Laure Akin-Olugbagde, vice-présidente principale du Groupe de la Banque africaine de développement.

Pour faire face à la crise, l’économiste en chef du Groupe de la Banque africaine de développement, Kevin Urama, demande aux gouvernements africains de ne surtout pas céder à la panique en prenant des décisions précipitées, préjudiciables à leurs équilibres budgétaires.

Le document présenté à Washington DC préconise notamment une gestion stratégique de l’inflation afin de garantir la stabilité des anticipations de prix à court terme, une discipline budgétaire rigoureuse, par une gestion prudente des recettes exceptionnelles des pays exportateurs de pétrole, un renforcement du contrôle de la dette et une utilisation stratégique des réserves énergétiques ; le cas échéant et, lorsque les marges budgétaires le permettent, il est conseillé le déploiement de mesures de protection sociale temporaires et ciblées pour protéger les populations les plus vulnérables des conséquences de la crise.