Crédit bancaire : Malgré une hausse des prêts, emprunter au Gabon coûte toujours plus de 21 %
2026-06-10 11:53:00
Selon les dernières données de la BEAC, le Gabon conserve la première place des pays où le crédit bancaire est le plus coûteux au sein de la CEMAC. Avec un taux effectif global moyen de 21,06 % fin 2025, les emprunteurs gabonais continuent de supporter des conditions de financement particulièrement élevées.
Le Gabon demeure le marché du crédit le plus
onéreux de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
D’après les statistiques publiées par la Banque des États de l’Afrique centrale
(BEAC), le taux effectif global (TEG) moyen appliqué par les établissements
financiers gabonais a atteint 21,06 % au quatrième trimestre 2025. Ce niveau
reste largement supérieur à ceux observés dans les autres pays de la
sous-région.
Le TEG représente le coût réel d’un emprunt
puisqu’il intègre non seulement le taux d’intérêt, mais également les frais
annexes tels que les commissions, les frais de dossier ou encore les
assurances. À titre comparatif, le Cameroun affiche un TEG moyen de 8,38 %,
tandis que le Congo et la Guinée équatoriale enregistrent respectivement 10,66
% et 11,19 %. Ces écarts illustrent les difficultés persistantes d’accès au
financement au Gabon.
Les particuliers apparaissent comme les
premiers touchés par cette situation. Le taux moyen qui leur est appliqué a
bondi à 26,32 % fin 2025, contre 18,98 % un an auparavant. Les grandes
entreprises font également face à des coûts élevés, avec un TEG moyen de 26,39
%. Les PME bénéficient de conditions relativement plus favorables, même si leur
taux moyen demeure important à 18,27 %.
Paradoxalement, cette hausse du coût du crédit
intervient dans un contexte de forte progression des financements bancaires. Au
quatrième trimestre 2025, les banques gabonaises ont accordé près de 549
milliards de FCFA de nouveaux crédits, soit une augmentation de plus de 36 %
par rapport à la même période de l’année précédente. Les entreprises ont capté
la majorité de ces ressources, notamment les grandes sociétés qui concentrent
l’essentiel des concours bancaires.
Le marché bancaire gabonais reste également marqué par la prédominance des crédits à court terme, qui représentent près de 88 % des financements distribués. Cette situation traduit la préférence des banques pour les opérations de trésorerie au détriment des investissements de long terme. Dans ce contexte, le défi demeure de favoriser un accès plus abordable au financement afin de soutenir durablement la croissance économique et l’investissement productif.