Crash de la Sablière : après 22 ans, la voix de la justice toujours attendue



2026-06-22 15:35:00

Vingt-deux ans après le crash du vol d’Air Gabon survenu le 8 juin 2004 à la Sablière et ayant coûté la vie à 19 personnes, les familles des victimes attendent toujours une décision judiciaire définitive et des réparations effectives, entre lenteur procédurale et espoirs régulièrement repoussés.



Le 8 juin 2004 reste une date indélébile dans la mémoire collective. Ce jour-là, un avion d’Air Gabon s’écrasait sur la plage de la Sablière, à Libreville, faisant 19 morts et 11 survivants. Vingt-deux ans plus tard, les familles des victimes continuent de porter le poids d’un drame dont les suites judiciaires demeurent inachevées. À chaque commémoration, les mêmes interrogations resurgissent, portées par l’Association des victimes représentée notamment par Maxime Obiang Nze et Chantal Otounga : pourquoi la justice n’a-t-elle pas encore rendu une décision définitive dans ce dossier ?

Sur le plan judiciaire, le dossier illustre la complexité et la lenteur des procédures engagées. Selon les informations communiquées par Me Batsantsa, l’affaire est toujours en communication au parquet général de la Cour de cassation et pourrait être inscrite à l’ordre du jour d’une prochaine audience de l’assemblée plénière, attendue autour du 29 juin. Une avancée potentielle, mais qui intervient après des années de reports, de renvois et de changements successifs de conseils juridiques. Le dossier est en effet scindé entre volet civil et volet pénal : si le premier a progressé jusqu’en cassation, le second n’a toujours pas connu d’aboutissement.

Au-delà des aspects procéduraux, la question des réparations demeure centrale pour les familles. Aucune indemnisation définitive n’a encore été versée aux ayants droit, malgré le temps écoulé. Certains enfants de victimes, devenus adultes aujourd’hui, ont grandi sans soutien financier lié à ce drame. Pour les familles, cette situation entretient un sentiment d’injustice persistante, renforcé par des attentes régulièrement déçues. Si une relance du dossier pénal est évoquée par les conseils juridiques, elle est accueillie avec prudence par des proches qui redoutent de nouveaux délais. Dans cette affaire, le temps judiciaire apparaît désormais comme un acteur à part entière, pesant autant que les faits eux-mêmes sur une mémoire collective encore en quête de réparation.