Déficit à 5,3 % et dette à 68,9 % du PIB : Le Gabon face à une équation budgétaire de plus en plus serrée
2026-10-05 14:20:00
Le déficit public gabonais s’est creusé en 2025, atteignant 5,3 % du PIB, contre 3,8 % en 2024. Dans le même temps, la dette publique a atteint 68,9 % du PIB, rapprochant le pays du plafond communautaire fixé à 70 % et réduisant ses marges de manœuvre budgétaires.
Les finances publiques gabonaises restent sous
pression. En 2025, le déficit public s’est établi à 5,3 % du PIB, contre
3,8 % un an auparavant, traduisant une dégradation de l’équilibre
budgétaire. Dans le même temps, la dette publique a atteint 68,9 % du PIB,
soit un niveau proche du plafond communautaire de 70 %.
Selon le Rapport Pays 2026 de la Banque
africaine de développement, cette évolution s’explique notamment par la
progression des dépenses courantes et le poids croissant du service de la
dette. L’augmentation des charges limite progressivement la capacité de l’État
à dégager des marges pour financer ses autres priorités.
La situation devient d’autant plus sensible
que la dette publique dépasse désormais de près de 9 points de PIB le
plafond régional mentionné dans le rapport. Cette configuration réduit l’espace
budgétaire disponible et rend plus délicat le financement de nouvelles dépenses
sans recourir davantage à l’emprunt.
La perception du risque souverain constitue
également un point de vigilance. La dégradation de la notation du Gabon à CCC-
par Fitch Ratings, conjuguée à la progression de la dette intérieure,
expose davantage l’État aux conditions du marché financier régional et peut
peser sur le coût de ses futurs financements.
L’enjeu pour Libreville dépasse donc désormais
la seule question du niveau d’endettement. Il s’agit de maintenir la capacité
de l’État à honorer ses échéances tout en poursuivant ses investissements. Dans
ce contexte, chaque nouvel emprunt devra être mis en regard de la capacité du
pays à accroître ses recettes et à maîtriser ses dépenses.