Dette publique : les institutions financières africaines lancent un système d’alerte précoce contre le surendettement
2026-02-04 09:48:00
Face à la montée des risques de surendettement sur le continent, les institutions financières multilatérales africaines passent à l’action. Réunies au sein de l’Alliance des institutions financières multilatérales africaines (AAMFI), elles ont annoncé le lancement d’un système d’alerte précoce destiné à détecter les premiers signaux de détresse liés à la dette souveraine des États africains.
L’initiative a été annoncée le jeudi 29
janvier par Samaila Zubairu, président de l’AAMFI, également connue sous le
nom de « The Africa Club ». Ce dispositif vise à anticiper les
situations de surendettement afin de prévenir les crises financières majeures
et d’éviter des litiges complexes liés aux processus de restructuration de la
dette.
Concrètement, ce système d’alerte précoce permettra d’identifier, en amont, les
signaux de fragilité budgétaire et financière des États. L’objectif est de
favoriser une intervention rapide et coordonnée des institutions membres, avant
que les difficultés ne se transforment en crises profondes affectant la
stabilité économique et sociale des pays concernés.
« Nous avons mis au point un programme de systèmes d’alerte précoce ou de
détection de signaux de détresse liées à la dette, qui nous permettent
d’apporter un soutien collectif aux pays en difficulté », a déclaré Samaila
Zubairu, selon des propos relayés par Bloomberg. Cette approche collective vise
à concevoir des instruments financiers capables d’atténuer les situations de
stress économique.
L’AAMFI regroupe sept institutions multilatérales régionales africaines
de premier plan : Africa Finance Corporation (AFC), Afreximbank, la Trade and
Development Bank (TDB), Africa Re, ATIDI, Shelter Afrique Development Bank
(SHAFDB) et ZEP-RE. Ensemble, elles entendent renforcer l’autonomie du
continent dans la gestion de ses enjeux financiers.
Dans un contexte marqué par l’augmentation des besoins de financement, la
volatilité économique mondiale et la pression sur les finances publiques, cette
initiative marque une étape importante vers une gestion plus proactive et
souveraine de la dette africaine, reposant sur l’anticipation, la
coopération régionale et la prévention des crises.