Dossier Pozzo di Borgo : l’avocate française se heurte à la position ferme de l’Agence judiciaire de l’État



2026-09-07 15:47:00

Le dossier de l’hôtel Pozzo di Borgo, propriété de l’État gabonais à Paris, connaît un nouveau rebondissement. Venue à Libreville pour tenter de négocier un règlement à l’amiable au nom de Santullo-Sericom et Webcor ITP, l’avocate française Ana Atallah s’est heurtée à la position ferme de l’Agence judiciaire de l’État. Une tentative de règlement qui intervient alors que le contentieux doit connaître de nouveaux développements devant la justice française.



Le bras de fer autour du prestigieux hôtel Pozzo di Borgo est loin d’être terminé. L’avocate Ana Atallah, représentant les intérêts de Santullo-Sericom et Webcor ITP, s’est rendue à Libreville à l’invitation de la Présidence pour tenter d’explorer une sortie négociée au contentieux. L’objectif était de rechercher un règlement extrajudiciaire autour de cette propriété parisienne de l’État gabonais. Mais les discussions n’ont pas permis de rapprocher suffisamment les positions.

Ce nouvel épisode s’inscrit dans un contentieux ancien opposant l’État gabonais à plusieurs groupes privés autour d’anciens marchés publics. Les affaires Santullo-Sericom et Webcor ITP ont déjà donné lieu à plusieurs procédures devant les juridictions françaises. En janvier 2024, des protocoles transactionnels avaient été conclus afin de tenter de mettre fin à une partie des litiges. Ces accords sont désormais contestés par Libreville, qui cherche à remettre en cause leur portée et leur validité juridique.

Le dossier du Pozzo di Borgo revêt une dimension particulière en raison de la valeur stratégique et patrimoniale du bien. Situé à Paris, cet hôtel particulier appartient à l’État gabonais et constitue l’un des actifs immobiliers les plus emblématiques du pays à l’étranger. Il se retrouve cependant au cœur d’un conflit judiciaire et financier qui oppose les intérêts de l’État à ceux de créanciers privés. La question est désormais de savoir si le bien peut constituer un levier dans la résolution des différends.

La position de Libreville semble aujourd’hui privilégier une approche judiciaire ferme plutôt qu’une concession rapide. L’Agence judiciaire de l’État, chargée de défendre les intérêts juridiques de la République, ne semble pas disposée à accepter les conditions avancées par les représentants des créanciers. Cette ligne s’inscrit dans une stratégie plus large visant à contester certains engagements issus de contrats conclus sous les précédentes administrations. Le dossier Santullo-Sericom avait notamment déjà fait l’objet de décisions favorables au Gabon devant les juridictions françaises.

Le prochain rendez-vous judiciaire pourrait donc être déterminant. Une audience était annoncée à Paris le 7 septembre 2026 dans le cadre de ce contentieux. En l’absence d’accord amiable à Libreville, les parties devront donc continuer à défendre leurs intérêts devant les juridictions compétentes. Pour l’État gabonais, l’enjeu dépasse le seul hôtel Pozzo di Borgo : il s’agit également de préserver les intérêts patrimoniaux de la République et de clarifier les conséquences financières de contentieux hérités des précédentes années.