Drame : Un enfant écrasé par un camion à la décharge de Mindoube
2026-02-11 11:32:00
La mort tragique d’un jeune garçon à la décharge de Mindoubé dépasse le simple fait divers. Elle met en lumière la précarité persistante qui contraint encore des familles gabonaises à chercher leur nourriture dans les ordures, révélant une fracture sociale profonde.
Le 9 février 2026 a Mindoubé, la faim a encore frappé. Cette fois, elle a tué. Un jeune garçon du PK11 a perdu la vie, écrasé par un camion alors qu’il cherchait de quoi se nourrir dans la décharge publique du cinquième arrondissement de Libreville. Il était accompagné de son frère cadet. Une sortie devenue habituelle. Un geste de survie. Chaque jour, à Mindoubé, des hommes, des femmes et des enfants arpentent les montagnes d’ordures dans l’espoir d’y trouver quelques denrées encore consommables ou des objets revendables. Le glanage alimentaire, pratique silencieuse mais bien réelle, est devenu pour plusieurs familles un complément vital, parfois l’unique source de subsistance.
Que des enfants soient contraints de fréquenter un site où circulent des engins lourds, au milieu des déchets et des risques sanitaires, interroge profondément. Où sont les filets sociaux capables d’empêcher qu’un mineur se retrouve à risquer sa vie pour un repas ? Le Gabon est classé parmi les pays à revenu intermédiaire, doté d’importantes ressources naturelles. Pourtant, derrière les indicateurs macroéconomiques, une autre réalité s’impose : chômage persistant, informalité grandissante, familles sans revenus stables, inflation qui fragilise les ménages les plus modestes. La décharge de Mindoubé est devenue le symbole brutal de cette contradiction nationale : un pays riche, mais des citoyens pauvres.
Le drame survenu cette semaine ne peut être réduit à un accident isolé. Il est l’expression d’un malaise social plus large, celui d’une population qui peine à accéder aux besoins les plus élémentaires : se nourrir, se soigner, scolariser ses enfants dans des conditions dignes. La disparition de cet enfant pose une question fondamentale : combien d’autres tragédies faudra-t-il pour que la précarité soit traitée comme une urgence nationale ?
Au-delà de l’émotion, ce drame appelle des réponses concrètes : politiques de protection sociale renforcées, programmes alimentaires ciblés, sécurisation des zones à risques, lutte efficace contre le chômage des jeunes et soutien accru aux familles vulnérables. Car à Mindoubé, ce n’est pas seulement un enfant qui est mort. C’est un signal d’alarme qui retentit dans tout le pays.