FMI : 450 millions de FCFA auraient financé une résidence attribuée à Ali Bongo au Maroc



2026-09-16 08:55:00

Selon des extraits d’un audit du FMI consultés par Gabon Media Time, 450 millions de FCFA issus d’un appui budgétaire accordé au Gabon auraient servi à financer la construction d’une résidence attribuée à l’ancien président Ali Bongo au Maroc. Une révélation qui soulève de sérieuses questions sur la destination des fonds publics et la chaîne administrative ayant autorisé la dépense.



L’affaire repose, à ce stade, sur des extraits d’un document d’audit dont Gabon Media Time affirme avoir obtenu copie. Selon le média, une opération d’un montant de 450 millions de FCFA y apparaîtrait comme ayant été financée sur des ressources provenant d’un appui budgétaire du Fonds monétaire international. Ces fonds auraient ensuite été affectés à la construction d’une résidence présentée comme appartenant personnellement à Ali Bongo Ondimba au Maroc. Le FMI a effectivement accordé plusieurs concours financiers au Gabon durant la présidence d’Ali Bongo, notamment dans le cadre de programmes destinés à soutenir la stabilité macroéconomique, les finances publiques et les réformes structurelles. Mais le lien précis entre l’appui concerné, la dépense de 450 millions et la résidence marocaine reste à documenter publiquement. La question centrale devient donc celle de la traçabilité : quelle ligne budgétaire a été utilisée, quelle administration a engagé la dépense et sur quelle base juridique ?

Au-delà du montant, c’est la nature du bien qui donne à cette affaire toute sa portée. Si les documents venaient à confirmer qu’une propriété privée a effectivement été construite avec des ressources publiques, il faudrait alors déterminer le statut juridique exact de la résidence, son propriétaire au moment des travaux et les bénéficiaires réels des paiements. Il conviendrait également d’identifier les entreprises intervenues sur le chantier, les contrats conclus et les différentes étapes de la dépense publique. Autrement dit, l’enjeu ne serait pas seulement de savoir où les 450 millions ont été dépensés, mais de reconstituer l’intégralité du parcours de l’argent, depuis son décaissement jusqu’au paiement final. Des publications récentes dans la presse gabonaise évoquent par ailleurs une propriété attribuée à la famille Bongo dans la palmeraie de Marrakech, mais ces éléments ne suffisent pas, à eux seuls, à établir que le bien évoqué dans l’audit est juridiquement identique.

La prochaine étape sera donc documentaire. La publication intégrale de l’audit, ou à défaut la vérification des pièces comptables et administratives correspondantes, permettrait de répondre aux principales interrogations : quel programme du FMI est concerné ? Quelle administration gabonaise a ordonnancé la dépense ? Qui a exécuté les travaux ? À qui les paiements ont-ils été versés ? Et surtout, à qui appartient juridiquement la résidence ? Tant que ces éléments ne sont pas établis, il convient de distinguer le constat rapporté par le média, les éventuelles conclusions de l’audit et une éventuelle responsabilité juridique. Si toutefois les pièces venaient à confirmer l’utilisation de ressources publiques pour un patrimoine privé, l’affaire dépasserait largement le cadre d’une anomalie comptable et ouvrirait la question des responsabilités administratives, financières et éventuellement judiciaires liées à cette opération.