FMI : les putschs coûtent plusieurs points de croissance aux économies africaines
2026-06-10 12:05:00
Une étude publiée par le Fonds monétaire international (FMI) met en lumière les conséquences économiques durables des coups d’État. Selon les chercheurs, les changements anticonstitutionnels de pouvoir ralentissent fortement la croissance, découragent les investissements et fragilisent davantage les économies déjà vulnérables.
Les coups d’État continuent de peser
lourdement sur les perspectives économiques de nombreux pays africains. C’est
le principal enseignement d’une étude publiée en juin 2026 par le Fonds
monétaire international (FMI). Intitulé « Political Fragility: The Economic
Impact of Coups d’État », le rapport analyse plus de cinquante années de
données et démontre que les putschs entraînent des conséquences économiques
significatives et durables.
Menée par les économistes Idrissa Aladji Aya
et Luc Tucker, l’étude s’appuie sur l’analyse de 308 coups d’État recensés dans
213 pays entre 1970 et 2023, dont 148 ont abouti. Les résultats montrent qu’un
coup d’État réduit en moyenne la croissance du PIB de 2,3 points de pourcentage
dès la première année. Plus préoccupant encore, les effets se prolongent dans
le temps, avec un niveau de croissance cumulé inférieur de cinq points cinq ans
après le renversement du pouvoir.
L’Afrique subsaharienne apparaît parmi les
régions les plus touchées par ce phénomène. Selon le FMI, les six coups d’État
enregistrés depuis 2022 dans cette partie du continent se sont accompagnés
d’une croissance moyenne de -3 %, tandis que les pays n’ayant pas connu de
putsch affichaient une croissance moyenne de 4,5 % sur la même période. Un
écart qui illustre l’impact direct de l’instabilité politique sur les
performances économiques.
L’étude révèle également que les sanctions
économiques imposées après les coups d’État aggravent considérablement la
situation. Les sanctions financières et commerciales peuvent faire perdre plus
de quatre points de croissance supplémentaires aux économies concernées. À cela
s’ajoutent la baisse des investissements étrangers, la diminution de l’aide
internationale, la dégradation de la notation de la dette souveraine et
l’augmentation des dépenses militaires.
Pour les chercheurs du FMI, les ménages et les
entreprises sont les premières victimes de cette instabilité. La baisse de la
consommation privée et le recul des investissements constituent les principaux
canaux de transmission des effets négatifs. Ces conclusions rappellent que la
stabilité politique demeure un élément essentiel pour favoriser la croissance,
attirer les capitaux et soutenir durablement le développement économique des
pays africains.