Cancer au Gabon : 1573 nouveaux cas par an, l'urgence sanitaire s'aggrave
2026-07-24 12:43:00
Avec 1 573 nouveaux cas et 994 décès enregistrés chaque année, le cancer demeure l'une des principales causes de mortalité au Gabon. Derrière ces chiffres du Global Cancer Observatory se dessinent les limites du système de santé, marqué par un dépistage insuffisant, des traitements peu accessibles et une prise en charge encore très inégale selon les régions.
Les dernières données
publiées par le Global Cancer Observatory (GCO) dressent un constat
particulièrement préoccupant pour le Gabon. Chaque année, le pays enregistre 1
573 nouveaux cas de cancer, tandis que près de 994 personnes succombent à la
maladie. La prévalence sur cinq ans atteint désormais 3 700 cas, confirmant une
progression constante de cette pathologie qui touche de plus en plus de
familles gabonaises.
Les cancers du sein, du col
de l'utérus et du foie figurent parmi les formes les plus fréquentes. Mais
au-delà des statistiques, c'est surtout le taux de mortalité qui interpelle.
Avec près de deux patients sur trois qui décèdent après leur diagnostic, le
Gabon affiche un niveau de létalité qui traduit les difficultés d'un système de
santé encore peu préparé à répondre efficacement à cette problématique.
Cette situation résulte
notamment d'un dépistage insuffisant. Faute de campagnes nationales régulières
et de dispositifs de prévention suffisamment développés, de nombreux patients
découvrent leur maladie à un stade avancé, lorsque les possibilités thérapeutiques
deviennent plus limitées. La méconnaissance des premiers symptômes et les
difficultés financières retardent également les consultations.
Les disparités territoriales
aggravent cette réalité. Dans plusieurs provinces, les infrastructures
spécialisées restent inexistantes, obligeant les patients à rejoindre
Libreville pour bénéficier d'examens ou de traitements adaptés. Les coûts liés
aux déplacements, aux analyses médicales et aux chimiothérapies constituent
souvent un obstacle majeur pour les familles les plus modestes.
Face à cette progression
continue des cancers, de nombreux spécialistes plaident pour une stratégie
nationale davantage orientée vers la prévention, le dépistage précoce et le
renforcement des plateaux techniques régionaux. Sans un investissement durable
dans ces domaines, le poids humain et économique de cette maladie pourrait
continuer de s'alourdir au cours des prochaines années.