Fonction publique : la masse salariale franchit les 720 milliards de FCFA au 2ᵉ trimestre 2025
2025-12-23 10:59:00
Selon les chiffres de la Direction générale du Budget (DGB), la masse salariale du secteur public gabonais, hors collectivités locales, a poursuivi sa progression au deuxième trimestre 2025. Elle enregistre une hausse de 0,8 % pour s’établir à près de 720 milliards de FCFA.
Cette évolution est principalement imputable à l’augmentation de la solde permanente, en hausse de 1,0 % sur la période, malgré un recul notable des dépenses liées à la Main d’Œuvre Non Permanente (MONP), qui se contractent de 3,2 %. D’après les services budgétaires, la progression de la solde permanente est portée par le relèvement des effectifs de la fonction publique et la poursuite de la régularisation des situations administratives des agents.
À l’inverse, la baisse des dépenses de la MONP s’explique essentiellement par les départs à la retraite intervenus au cours du trimestre, traduisant un ajustement mécanique de la masse salariale sur ce segment.
Rappel : une forte hausse en 2024
Pour mémoire, les données consolidées de la Direction générale du Budget et de la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor indiquent qu’en 2024, la masse salariale de l’ensemble des administrations publiques s’est élevée à 713,9 milliards de FCFA, contre 657 milliards en 2023, soit une augmentation de 8,7 %.
Cette progression, équivalente à près de 57 milliards de FCFA supplémentaires, s’explique par plusieurs facteurs structurels et conjoncturels, notamment :
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le report de l’âge de départ à la retraite des agents civils et militaires ;
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le paiement d’une prime de libération à environ 35 000 agents des Forces de Défense et de Sécurité ;
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l’intégration en solde de 6 941 nouveaux agents, dont 3 027 civils et 3 914 militaires ;
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la revalorisation des rémunérations des parlementaires de la transition ;
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les avancements en grade au sein des Forces de Défense et de Sécurité ;
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la régularisation des situations administratives de 2 052 agents civils, incluant 1 322 avancements automatiques et 730 reclassements ;
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les réintégrations en solde, les régularisations salariales et le paiement des accessoires de solde aux primo-entrants.
Ces évolutions confirment le poids croissant de la masse salariale dans les finances publiques gabonaises, tout en posant la question de la soutenabilité budgétaire à moyen terme, dans un contexte de réforme de l’État et de rationalisation de la dépense publique.