Fonction publique : Pourquoi la protection de l’identité des agents radiés est une décision responsable
2026-09-23 10:45:00
La question de la publication des noms des agents radiés de la Fonction publique suscite depuis quelques jours de nombreuses réactions. Pourtant, sur ce sujet, la position exprimée par la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des Capacités, Laurence Ndong, mérite d’être replacée dans son contexte : une sanction administrative n’a pas vocation à devenir une exposition publique des personnes concernées.
À l’issue du recensement biométrique et administratif des agents publics, la Commission exceptionnelle des litiges a examiné les situations individuelles et formulé différentes décisions, allant de la réhabilitation aux radiations avec ou sans maintien des droits à pension. Le Conseil des ministres du 18 septembre a pris acte de ces conclusions et demandé aux administrations compétentes de notifier les décisions aux agents concernés.
Dans ce cadre, la ministre Laurence Ndong a clairement indiqué que les noms des agents concernés ne seraient pas publiés, rappelant que les décisions concernent d’abord une relation administrative entre l’agent et son employeur.
Sanctionner ne signifie pas humilier.
Il est parfaitement légitime que les citoyens demandent des comptes sur la gestion des ressources publiques. Il est également légitime de vouloir comprendre les résultats d’une opération destinée à assainir les effectifs et à maîtriser la masse salariale de l’État.
Mais la transparence sur les résultats d’une réforme ne doit pas nécessairement passer par l’exposition nominative des personnes sanctionnées.
Derrière chaque nom, il y a une personne, mais aussi une famille, des enfants, des proches. Et surtout, une radiation administrative ne signifie pas automatiquement qu’une personne a commis une infraction pénale. La ministre a d’ailleurs insisté sur cette distinction en rappelant que les personnes concernées n’avaient pas, par principe, « commis de crime ».
La bonne question n’est donc peut-être pas : « Pourquoi ne publie-t-on pas les noms ? », mais plutôt : « Comment garantir la transparence de l’opération sans transformer une procédure administrative en mise au pilori publique ? »
Des résultats qui peuvent être communiqués sans exposer les individus
L’État peut parfaitement rendre compte de son action sans publier les identités : nombre de dossiers examinés, nombre de réhabilitations, nombre de radiations, catégories de décisions prises et impact financier.
Les chiffres communiqués montrent déjà l’ampleur de l’opération : le Conseil des ministres a fait état de 1 762 dossiers examinés, avec notamment 589 radiations avec maintien des droits à pension, 110 sans maintien des droits et 600 radiations concernant des agents de la main-d’œuvre non permanente. L’assainissement devrait permettre une économie annuelle estimée à près de 11 milliards de FCFA.
Voilà ce que les citoyens sont en droit de demander : des résultats, des explications et de la transparence sur l’utilisation de l’argent public. Pas nécessairement les noms et l’exposition personnelle des agents concernés.
La rigueur dans la gestion de l’État et le respect de la dignité des personnes ne sont pas contradictoires. On peut assainir la Fonction publique avec fermeté sans faire de l’humiliation publique un instrument de gestion administrative.
Et sur ce point, la volonté du ministère de ne pas transformer une procédure administrative en spectacle nominatif peut être comprise comme une démarche de responsabilité institutionnelle et de respect des personnes.