Forêts : Le Gabon veut transformer ses arbres sur pied en nouvelles sources de financement



2026-09-26 15:19:00

Le Gabon figure parmi les pays africains mis en avant par le Forest & Climate Leaders’ Partnership (FCLP) pour ses démarches visant à développer des mécanismes de financement fondés sur les résultats. L’objectif : mieux valoriser économiquement la conservation des forêts et attirer davantage de financements internationaux, tout en orientant une partie des ressources vers les communautés qui vivent de ces écosystèmes.



Dans son premier rapport d’étape consacré à la Feuille de route du financement forestier, publié le 23 septembre 2026 à l’occasion de la Climate Week NYC, le FCLP souligne les initiatives engagées par plusieurs pays pour dépasser les mécanismes classiques de financement de la conservation. Le Gabon s’inscrit dans cette dynamique à travers ses collaborations avec l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI) et le développement de mécanismes de paiements liés aux performances environnementales. Le principe est simple : plus les résultats en matière de conservation, de réduction de la déforestation ou de protection des écosystèmes sont démontrés, plus les financements peuvent être mobilisés. Dans le bassin du Congo, le portefeuille de paiements pour services écosystémiques de CAFI atteint 290 millions de dollars et vise jusqu’à 2 milliards de dollars à l’horizon 2035.

L’enjeu sera de transformer les milliards annoncés en bénéfices locaux

Cette nouvelle architecture financière ouvre des perspectives importantes, mais elle pose aussi une question décisive pour le Gabon : combien la conservation de sa forêt peut-elle réellement rapporter au pays et à ses populations ? Le dispositif régional ambitionne notamment d’intégrer près de 2,9 millions d’hectares dans des mécanismes de paiements pour services environnementaux et de toucher environ 7,8 millions de bénéficiaires directs, avec au moins 50 % des ressources destinées aux agriculteurs, communautés locales et peuples autochtones.

Le Paquet Pays FCLP, lancé en 2025, doit pour sa part rapprocher les priorités nationales des financements et partenariats internationaux. Le défi n’est donc plus seulement de convaincre que la forêt a une valeur climatique : il consiste désormais à démontrer que cette valeur peut générer des revenus durables, transparents et effectivement redistribués au bénéfice du Gabon et des populations qui contribuent à préserver son couvert forestier.