Gabon : 8 500 milliards de FCFA d’écarts relevés dans les échanges commerciaux sur dix ans
2026-09-25 14:52:00
Selon une analyse publiée par Direct Info Gabon, s’appuyant sur les dernières Perspectives économiques de la Banque africaine de développement (BAD), le Gabon aurait enregistré, entre 2013 et 2022, près de 15,2 milliards de dollars, soit environ 8 500 milliards de FCFA, d’écarts dans ses échanges commerciaux. Des anomalies qui soulèvent des interrogations sur la traçabilité des revenus issus notamment des secteurs pétrolier et minier.
Les données reprises par Direct Info Gabon font état d’une importante différence entre les montants déclarés par le Gabon et ceux enregistrés par ses partenaires commerciaux. Sur la période étudiée, cet écart atteint 15,2 milliards de dollars. La BAD, qui s’appuie notamment sur les travaux de Global Financial Integrity, précise toutefois que ces différences ne peuvent pas être assimilées intégralement à des actes de fraude. Elles peuvent néanmoins révéler des pratiques de sous-facturation, de surfacturation ou d’autres irrégularités dans les échanges internationaux.
Le secteur extractif au cœur des préoccupations
Le pétrole et le manganèse, qui constituent des composantes majeures des exportations gabonaises, apparaissent particulièrement concernés par les enjeux liés à la valorisation des marchandises. La sous-facturation peut notamment conduire à déclarer une cargaison à une valeur inférieure à son prix réel, avec pour conséquence une réduction de la base imposable. Le rapport évoque également les prix de transfert, qui peuvent permettre aux entreprises multinationales de répartir leurs bénéfices entre différentes entités et juridictions.
Un manque à gagner pour les finances publiques
Pour l’État gabonais, l’enjeu est avant tout budgétaire. Lorsque la valeur réelle d’une opération commerciale n’est pas correctement déclarée, les recettes fiscales susceptibles d’être perçues peuvent s’en trouver réduites. Dans un contexte où le Gabon cherche à renforcer ses finances publiques et à diversifier son économie au-delà du pétrole, la sécurisation des revenus issus des ressources naturelles constitue ainsi un enjeu important.
La BAD appelle à renforcer le contrôle fiscal et douanier
Face à ces risques, la Banque africaine de développement recommande notamment au Gabon de renforcer l’interconnexion entre les Douanes et les Impôts. L’objectif est de permettre la mise en place de systèmes d’alerte capables d’identifier plus rapidement les incohérences dans les transactions commerciales. Une meilleure circulation des données entre les administrations pourrait ainsi contribuer à renforcer le contrôle des échanges et à sécuriser les recettes publiques issues de l’exploitation des ressources du pays.