Gabon : nier les grossesses, un fléau silencieux



2025-11-04 13:10:00

Au Gabon, des milliers d’enfants grandissent sans connaître leur père, victimes d’un refus de paternité trop souvent banalisé. Si le Code civil reconnaît clairement le droit de tout enfant à la filiation et à la protection, la pratique révèle un écart profond entre le droit et la réalité sociale. Entre silences familiaux, lenteurs judiciaires et tabous culturels, ce phénomène moral mine la société gabonaise, laissant des enfants sans identité complète et privés d’un soutien affectif et financier essentiel.



Selon l’article 427 du Code civil, « la paternité hors mariage peut être judiciairement déclarée lorsqu’il est prouvé que le père présumé a eu commerce intime avec la mère ou a manifesté expressément ou tacitement sa qualité de père ». En théorie, les mères peuvent donc saisir le tribunal et demander des tests ADN pour établir la filiation. Dans la pratique, ces démarches restent coûteuses, lentes et souvent inefficaces, freinées par l’inaction des pères et la complexité administrative. De nombreuses familles préfèrent éviter la voie judiciaire, réglant la situation en interne au détriment des droits de l’enfant.

Face à ce fléau silencieux, l’urgence est claire : sensibilisation et action concrète sont indispensables. Il ne s’agit pas seulement d’un enjeu juridique, mais d’un impératif humain. Les autorités gabonaises doivent intensifier les campagnes de communication sur le droit à la filiation, renforcer l’accès à la justice pour les mères et simplifier les procédures de reconnaissance. Garantir la filiation légale, c’est offrir à chaque enfant le droit fondamental de connaître ses parents et de bénéficier de leur protection, consolidant ainsi le socle familial et social du pays.