Gunvor-Gabon : un contrat pétrolier de 600 milliards sous enquête suisse
2026-06-03 10:45:00
La perquisition du siège du négociant suisse Gunvor par les autorités helvétiques relance les interrogations autour du financement de l’acquisition d’Assala Energy par la compagnie nationale gabonaise. Au cœur du dossier : un contrat pétrolier d’un milliard de dollars, des soupçons de corruption transnationale et des questions sur la transparence des grandes opérations stratégiques dans le secteur énergétique africain.
L’enquête ouverte par le Ministère public de la Confédération suisse place sous les projecteurs l’un des plus importants accords pétroliers conclus ces dernières années au Gabon. Début juin, les autorités judiciaires ont procédé à une perquisition du siège de Gunvor à Genève dans le cadre d’investigations portant sur de possibles faits de corruption d’agents publics étrangers. L’affaire concerne le financement accordé en 2024 à la Gabon Oil Company (GOC) pour l’acquisition des actifs d’Assala Energy auprès du fonds américain Carlyle. D’un montant d’un milliard de dollars, soit près de 600 milliards de FCFA, cette opération avait permis à l’État gabonais de reprendre le contrôle d’une part stratégique de sa production pétrolière nationale.
Selon les révélations de l’ONG suisse Public Eye, ce contrat aurait accordé à Gunvor des avantages commerciaux particulièrement importants en échange du financement consenti à la GOC. Le négociant aurait notamment obtenu l’exclusivité de la commercialisation du pétrole issu des blocs exploités par Assala Energy, représentant entre 20 et 25 % de la production nationale. L’organisation évoque également l’existence présumée de mécanismes de paiements parallèles destinés à rémunérer certains intermédiaires africains. À ce stade toutefois, aucune preuve publique n’a été produite et les investigations visent encore à établir les faits et les éventuelles responsabilités.
Face à ces accusations, Gunvor rejette catégoriquement toute implication dans des pratiques illicites et affirme coopérer pleinement avec la justice suisse. Le groupe soutient qu’aucun acte de corruption n’a été identifié dans le cadre de l’opération Assala et rappelle bénéficier de la présomption d’innocence. Au-delà du cas spécifique de cette transaction, cette affaire remet en lumière les enjeux de gouvernance, de transparence et de contrôle qui entourent les grands contrats extractifs en Afrique. Pour le Gabon, où le secteur pétrolier demeure un pilier essentiel de l’économie, l’évolution de cette procédure judiciaire sera suivie avec attention tant par les investisseurs que par l’opinion publique.