Iboga : une autorisation ministérielle désormais obligatoire pour exploiter et commercialiser la plante
2026-06-10 10:57:00
Le Gabon durcit la réglementation autour de l’Iboga. Désormais, toute activité liée à cette plante sacrée est soumise à une autorisation préalable du ministère de la Culture. Une décision qui vise à lutter contre la biopiraterie, encadrer la filière et protéger un patrimoine à la fois naturel et spirituel.
Le Gabon a décidé de durcir le cadre juridique encadrant l’exploitation de l’Iboga, plante emblématique et sacrée du pays. Désormais, toutes les activités liées à cette ressource sont soumises à une autorisation préalable délivrée par le ministère compétent.
Cette mesure découle de l’application du décret n°0239/PR du 22 mai 2026, et a été officialisée par un communiqué du Ministère de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts.
Selon les autorités, cette réforme vise à mettre fin aux dérives observées dans un secteur longtemps exposé à la biopiraterie et à des pratiques commerciales non encadrées. Le nouveau dispositif place désormais l’ensemble de la filière sous contrôle strict de l’État.
L’autorisation délivrée est conditionnée à l’avis conforme d’une commission technique interministérielle. Le champ d’application de la réforme est large : il couvre l’accès, la recherche, l’exploitation, la transformation, la commercialisation et même l’exportation de l’Iboga, que ce soit au niveau national ou international.
Le gouvernement précise qu’aucune exception ne sera tolérée. Toute personne physique ou morale, gabonaise ou étrangère, devra se conformer à cette nouvelle réglementation sous peine de sanctions prévues par les textes en vigueur.
Au-delà de l’aspect réglementaire, les autorités insistent sur la dimension culturelle et spirituelle de l’Iboga, considéré comme un pilier de l’initiation au Bwiti. Le respect des communautés détentrices de ce savoir traditionnel est également mis en avant comme un enjeu central de cette réforme.
Cette nouvelle orientation marque ainsi une volonté de l’État de protéger un patrimoine stratégique tout en structurant durablement une filière à forte valeur culturelle et scientifique.