Justice gabonaise : les magistrats du SYNAMAG interpellent sur le budget 2026



2026-01-31 11:53:00

Réunis en Assemblée générale le 29 janvier, les magistrats du SYNAMAG ont livré un diagnostic préoccupant de la justice gabonaise, dénonçant des pressions politiques persistantes et un déficit criant de moyens qui fragilisent l’indépendance judiciaire.



Le ton est grave et sans détour. À l’occasion de la rentrée judiciaire syndicale, tenue ce jeudi 29 janvier, le Syndicat National des Magistrats du Gabon (SYNAMAG) a dressé un constat alarmant de l’état de la justice nationale. Devant ses pairs, le président du syndicat, Landry Abaga Essono, a exprimé une profonde inquiétude face aux multiples dysfonctionnements qui affectent l’institution judiciaire.

Au cœur des préoccupations : les ingérences répétées du pouvoir exécutif dans le fonctionnement de la justice. Selon le SYNAMAG, ces interférences compromettent sérieusement le principe fondamental de séparation des pouvoirs, pourtant garanti par la Constitution. « Une justice sous pression ne peut être une justice équitable », a martelé le président du syndicat, appelant à un respect strict de l’indépendance des magistrats.

À cette problématique institutionnelle s’ajoute le manque chronique de moyens matériels, financiers et humains. Tribunaux vétustes, effectifs insuffisants, retards dans le traitement des dossiers et conditions de travail précaires : autant de réalités qui entravent l’efficacité de la justice et alimentent la défiance des citoyens envers l’appareil judiciaire.

Le SYNAMAG a également pointé l’absence de réformes structurelles ambitieuses, malgré les engagements régulièrement affichés par les autorités. Pour les magistrats, sans investissements conséquents ni volonté politique affirmée, la justice gabonaise risque de demeurer un maillon fragile de l’État de droit.

À travers cette rentrée judiciaire syndicale, les magistrats entendent non seulement alerter l’opinion publique, mais aussi interpeller les pouvoirs publics sur l’urgence d’agir. Leur message est clair : restaurer la crédibilité de la justice passe par la garantie effective de son indépendance et par des moyens à la hauteur de ses missions.