Les innovations majeures du projet de loi de finances 2026
2025-10-07 12:42:00
Le projet de loi de finances (PLF) 2026 du Gabon a été approuvé le 8 septembre 2025 lors d’un Conseil des ministres présidé par Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République. Le texte qui n’a pas été rendu publique en intégralité sera soumis à l’appréciation du Parlement.
La loi de finances 2026 du Gabon,
« marque la première étape fondatrice de la concrétisation du projet de
société présidentiel : « Bâtissons l’Édifice Nouveau pour un Essor vers la
Félicité ». Elle pose en effet les bases de la transformation économique du pays
reposant sur six piliers : électricité, eau et réformes du secteur, entrepreneuriat
et employabilité des jeunes, logements, infrastructures de transport et numériques,
Capital humain et justice sociale, Économie et développement durable, Gouvernance
et institutions.
La principale innovation du PLF 2026 est
l’adoption de la méthode du budget base zero. Il impose que chaque
dépense soit justifiée et priorisée en fonction de son impact attendu sur la
transformation économique et sociale, et non plus reconduite tacitement. « Cette approche confère au
PLF 2026 un caractère non seulement budgétaire, mais surtout stratégique et
structurant, au service d’un Gabon plus souverain, plus transparent et
résolument tourné vers l’avenir » précise le communiqué ayant sanctionné
les travaux du Conseil des ministres du 8 septembre 2025.
Un budget
arrêté en ressources et en dépenses à 7 233,3 milliards de FCFA
Dans le PLF 2026
du Gabon, le budget de l’Etat a été arrêté en ressources et en dépenses à 7
233,3 milliards de FCFA avec un besoin de financement estimé à 3 213,3
milliards de FCFA. Ce budget est en
hausse puisqu’il était de 4 204, 9 milliards de FCFA en 2025. Vu qu’il va falloir recourir aux emprunts
pour financer les investissements, les autorités soulignent que : « seuls
les projets ayant fait l’objet d’une étude éprouvée et disposant d’une
ressource mobilisée devraient démarrer, afin d’éviter les arrêts de travaux ».
Ainsi, le gouvernement compte mobiliser 60% des financements sur le marché
financier régional en monnaie locale et 40% au niveau international en devises
étrangères.
Il faut
souligner que les dépenses d’investissements se chiffrent en 2026 à
3 321,5 milliards traduisant la volonté de l’Etat de faire de
l’investissement un levier central et non plus une variable d’ajustement.
Aussi, cet effort témoigne de l’ambition de moderniser les infrastructures et
d’accompagner la transformation structurelle de l’économie ». Cette
enveloppe consacrée aux investissements a été multipliée par six puisqu’elle
était de 592,6 milliards de FCFA en 2025.
Une
croissance de 7,9% attendue
Le gouvernement
gabonais table sur une croissance économique de 7,9% en 2025 après une
dynamique modeste en 2025 (autour de 3%). Cette progression repose sur le
dynamisme attendu du secteur hors pétrole (+9,2 %), sur le volume inédit du
budget d’investissement ainsi qu’à la mise en œuvre des projets structurants,
vecteurs de modernisation de l’économie.
La hausse du
budget de l’Etat en 2026 est liée à ses objectifs de recettes qui se chiffrent à
un montant exceptionnel de 4 327, 2 milliards de FCFA. Contre 2 861,6
milliards de FCFA projetés en 2025. De manière détaillée, l’Etat mise sur 1
525,0 milliards de FCFA de recettes pétrolières, 1 541,4 milliards de FCFA
de recettes fiscales intérieures, 707,3 milliards de FCFA de recettes douanières,
75 milliards de FCFA issus des revenus des participations dans le secteur
pétrolier, 58,7 milliards de FCFA issus des revenus des participations hors
pétrole et 419,8 milliards de FCFA issus des recettes des administrations
sectorielles.
Pour atteindre ces objectifs, plusieurs
actions seront menées, notamment : la digitalisation et la modernisation
de l’administration fiscale, l’interdiction des exonérations fiscales, la rationalisation des subventions, le paiement exclusif des dividendes des
participations de l’État au Trésor public,
le renforcement du contrôle,
l’élargissement de l’assiette fiscale avec l’instauration de la
contribution à l’amélioration du cadre de vie,
la révision des modalités d’application de la Contribution Foncière
Unique.
Les prévisions
budgétaires 2026 du Gabon reposent sur l’hypothèse d’un baril de pétrole
attendu à 65,1 USD (+5% sur 2025), une légère contraction de la production
estimée à -3% (11,4 millions de tonnes métriques), une baisse conjoncturelle de
la production de manganèse de -3,3 % (8,85 millions de tonnes), avec un prix de
vente stabilisé autour de 168,2 USD la tonne qui sera néanmoins compensé par
une reprise de la production de bois débité, attendue en hausse de +3,2 % (1,5
million de m³), traduisant une dynamique de redressement du secteur. Pour ce
qui est du taux de change, il est envisagé une dépréciation modérée du dollar
américain, projetée à 570,9 FCFA/USD (-2,6 %), reflétant l’ajustement des
marchés de change.