Naufrage de l’Esther Miracle : les poursuivies condamnées à verser 248 millions de FCFA de dommages et intérêts aux victimes et survivants
2026-05-28 16:47:00
Trois ans après la catastrophe maritime ayant coûté la vie à 34 personnes, le verdict du tribunal de Libreville provoque colère et incompréhension chez les familles des victimes.
Trois ans après le naufrage du ferry Esther Miracle, survenu dans la nuit du 8 au 9 mars 2023 entre Libreville et Port-Gentil, le Tribunal correctionnel de Libreville a rendu son jugement dans une affaire qui avait profondément bouleversé le Gabon. La société Royal Cost Marine, exploitante du ferry, ainsi que plusieurs responsables et agents, ont été reconnus coupables de mise en danger de la vie d’autrui. Certains prévenus ont également été condamnés pour homicides involontaires. Le tribunal a prononcé plusieurs peines d’emprisonnement de 38 mois assorties d’amendes, tandis que l’entreprise a écopé d’une sanction financière de 5 millions de FCFA.
Sur le plan civil, la juridiction a condamné solidairement Royal Cost Marine et plusieurs personnes poursuivies à verser 248 millions de FCFA de dommages et intérêts aux victimes et survivants, soit environ 2 millions de FCFA par naufragé. Une décision immédiatement contestée par de nombreuses familles endeuillées, qui jugent cette indemnisation dérisoire au regard de l’ampleur du drame humain. Plusieurs proches des 34 victimes décédées dénoncent une réparation « honteuse » et annoncent déjà leur intention de faire appel. Derrière la bataille judiciaire se cache une douleur toujours vive, alimentée par le sentiment que les pertes humaines et les traumatismes subis n’ont pas trouvé une reconnaissance à la hauteur de la tragédie.
Le naufrage de l’Esther Miracle reste l’une des catastrophes maritimes les plus marquantes de l’histoire récente du Gabon. Au-delà des responsabilités individuelles, cette affaire a ravivé les interrogations sur la sécurité du transport maritime, les contrôles techniques des navires et les mécanismes de gestion des risques dans un pays fortement dépendant des liaisons côtières. Elle rappelle surtout qu’un accident de cette ampleur dépasse le cadre judiciaire : il touche à la confiance des citoyens dans les infrastructures, dans les institutions de contrôle et dans la capacité de l’État à garantir la sécurité des transports. Car derrière chaque drame collectif se joue aussi la crédibilité d’un système économique et réglementaire appelé à protéger des vies humaines.