Or : une chute de plus de 7% causé par la FED
2026-01-30 15:34:00
Après une envolée historique, l’or subit une violente correction. La perspective de la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale américaine, perçue comme un signal monétaire plus strict, provoque un reflux brutal du métal précieux et ravive les craintes d’une liquidation de marché.
L’or traverse une phase de forte turbulence. Ce vendredi 30 janvier, le métal précieux a chuté de 7,5 %, s’échangeant autour de 4.961 dollars l’once, prolongeant une correction entamée la veille. Une baisse spectaculaire qui intervient après une période d’euphorie marquée par des records successifs, l’once ayant dépassé les 5.595 dollars.
Selon Bloomberg, ce mouvement de repli est principalement lié aux informations faisant état de la possible nomination de Kevin Warsh à la présidence de la Réserve fédérale américaine par Donald Trump. Ancien gouverneur de la Fed, Kevin Warsh est considéré par les marchés comme un « faucon » de la politique monétaire, davantage préoccupé par la lutte contre l’inflation que par le soutien à la croissance et donc moins favorable à des baisses rapides des taux d’intérêt.
Cette perspective a immédiatement renforcé le dollar, qui s’est apprécié face à l’euro. Or, un dollar plus fort réduit mécaniquement l’attrait de l’or, libellé dans la devise américaine, en le rendant plus coûteux pour les investisseurs internationaux. Par ailleurs, l’anticipation de taux durablement élevés pèse sur le métal jaune, qui ne génère ni intérêts ni dividendes et bénéficie généralement d’un environnement de taux bas.
Pour de nombreux analystes, cette correction était attendue. Après un méga-rallye de plus de 64 % en 2025 et de plus de 25 % depuis le début de l’année, l’or était devenu l’un des paris les plus consensuels des marchés. Bank of America relevait récemment que « acheter l’or » était la position la plus “crowded” parmi les gérants de fonds, signe d’un excès d’optimisme.
La baisse s’inscrit également dans un contexte plus large de tension sur les marchés financiers. Le repli des actions américaines, notamment du Nasdaq et du S&P 500, a entraîné des ventes forcées sur plusieurs classes d’actifs, y compris les métaux précieux. L’argent a lui aussi plongé, repassant sous la barre des 100 dollars l’once.
Si la nomination de Kevin Warsh a servi de déclencheur, les observateurs estiment que le marché cherchait avant tout un prétexte pour prendre des bénéfices après une ascension jugée excessive. Reste désormais à savoir si cette correction marque une simple pause technique ou le début d’un retournement plus profond du cycle haussier de l’or.