Parlons de nos provinces : à Mandji, la télémédecine met fin à un long parcours du combattant pour les femmes enceintes
2026-04-22 09:52:00
Dans cette nouvelle édition de la rubrique « Parlons de nos provinces », BiBa 241 met en lumière une avancée concrète qui change déjà des vies. À Mandji, chef-lieu du département de Ndolou, dans la Ngounié, les femmes enceintes n’auront désormais plus à parcourir des centaines de kilomètres pour accéder à un examen essentiel : l’échographie.
La fin d’un trajet éprouvant
Jusqu’à récemment, les futures mères de Mandji devaient se rendre au Mouila, à près de 154 kilomètres, pour effectuer leurs échographies au Centre hospitalier régional.
Un déplacement long, coûteux et souvent difficile, surtout dans un contexte où les moyens de transport sont limités et les conditions physiques des patientes parfois fragiles.
Avec l’introduction de la télémédecine au centre médical local, ce parcours contraignant appartient désormais au passé.
La technologie au service de la proximité
Cette avancée s’inscrit dans le cadre du projet eGabon-SIS (Système d’information de santé), soutenu par la Banque mondiale.
Le dispositif repose sur la télé-échographie : les examens sont réalisés sur place, puis les images sont transmises à un spécialiste, notamment un gynécologue basé à Mouila, pour analyse.
Pour le Dr Norha Naomie Abiaghe Pemba, cheffe du Centre médical de Mandji, l’impact est immédiat : « Nous pouvons désormais réaliser les échographies ici et envoyer les images à l’expert. Cela améliore considérablement le suivi médical des femmes enceintes. »
Un dispositif concret et opérationnel
Sur le plan technique, l’outil reste relativement simple mais efficace : une tablette connectée à un ordinateur, deux sondes et une imprimante permettent de réaliser les examens et de constituer les dossiers patients.
Les images sont ensuite transmises au spécialiste référent, qui pose son diagnostic à distance.
Pour garantir la qualité des soins, une mission du ministère de la Santé s’est rendue sur place le 17 avril 2026 afin de renforcer les compétences du personnel médical, infirmiers et sages-femmes, déjà formés une première fois à Libreville en octobre 2025.
Une innovation déjà adoptée par les populations
Au Centre médical de Mandji, les premiers tests réalisés en conditions réelles ont confirmé l’efficacité du dispositif. Les patientes repartent désormais avec leurs clichés, rassurées et mieux informées sur leur grossesse.
Pour certaines, l’émotion est palpable. Justine Koumba, enceinte de 17 semaines, témoigne : « J’ai vu mon bébé, j’ai vu les battements de son cœur. »
Un moment autrefois inaccessible, désormais possible sans quitter sa localité.
Une avancée à étendre
Le Centre médical de Mandji fait partie des 25 départements sanitaires bénéficiaires de cette première phase du projet. Une étape encourageante, mais qui pose déjà la question de l’extension du dispositif à d’autres zones rurales encore enclavées.
Car au-delà de la technologie, c’est bien une nouvelle approche de la santé qui se dessine : rapprocher les soins des populations, réduire les inégalités d’accès et renforcer la prévention.
Quand l’innovation répond à un besoin réel
Ce qui se joue à Mandji, ce n’est pas seulement l’introduction d’un outil technologique. C’est une réponse concrète à une problématique ancienne : l’éloignement des services de santé spécialisés.
Et pour une fois, la promesse publique se traduit en amélioration tangible du quotidien.
Dans un pays où les défis d’accès aux soins restent importants, cette initiative montre une chose essentielle : quand la technologie est bien pensée et correctement déployée, elle peut réellement transformer des vies.