« Parlons de Vous » : Dr PAMBO BELLO KOWIR, l’homme qui veut rendre l’humanité plus humaine



2025-11-14 08:33:00

Dans cette édition de « Parlons de Vous », BiBa 241 met en lumière une personnalité rare, dont la trajectoire mêle science, spiritualité, humanisme et engagement profond pour la société gabonaise : le Dr Pambo Bello Kowir, né à Libreville le 12 janvier 1984. Sa devise, qu’il porte comme un credo : « Être le plus utile à l’humanité. »



À la fois docteur en mathématiques appliquées, enseignant, humanitaire, cadre administratif et fondateur d’une ONG, il s’impose comme l’une de ces figures discrètes mais essentielles, celles qui « travaillent au cœur du réel » pour élever les consciences et renforcer la cohésion humaine. Ses centres d’intérêt, méditation, lecture et engagement collectif, dessinent le portrait d’un homme guidé non par l’ambition personnelle, mais par une volonté profonde d’être au service du groupe.

Entre deux mondes, une seule humanité

Son histoire personnelle commence dans une dualité identitaire qui aurait pu devenir une fracture, mais qui s’est transformée en fondation. Fils d’un père Yoruba né au Gabon de parents béninois et d’une mère vili originaire de Mayumba, il grandit dans un environnement où les incompréhensions et les préjugés entre ces deux communautés étaient encore vifs. Là où d’autres auraient nourri de la méfiance ou de la colère, lui développe la tolérance. Il apprend à voir la différence comme une richesse, à créer des ponts là où il voyait des murs. Ce terreau donnera naissance à ce qu’il appelle « l’esprit de rassemblement », un profond appétit pour l’union humaine.

Paradoxalement, rien ne le destinait à devenir docteur en mathématiques appliquées. Après son bac C, son rêve se tournait vers le Canada et les télécommunications. Un refus de l’ANBG l’oriente en France, sur les bancs des mathématiques. Il s’y résigne, s’y applique, finit par exceller et obtient un doctorat, sans jamais perdre de vue que sa véritable vocation n’était pas dans les chiffres, mais dans les êtres humains.

Très jeune, il travaille, enchaînant les métiers parfois durs, souvent formateurs : videur, vendangeur, enseignant. C’est justement l’enseignement qui transforme sa vie. Affecté dans un collège réputé difficile, il découvre une salle de classe fracturée : les élèves blancs, premiers de classe, installés devant ; les élèves noirs et arabes relégués au fond. Il renverse cette logique en inversant littéralement la classe. Il redonne confiance aux plus fragiles en leur offrant des exercices simples, puis des bonbons pour célébrer chaque victoire. Très vite, on le surnomme « Monsieur Bonbon ». À travers cette expérience, il comprend la puissance sociale de l’enseignement : un professeur peut faire bien plus que transmettre un savoir, il peut réparer des âmes, restaurer l’estime de soi, rééquilibrer la justice du monde.

Plus tard, alors qu’il enseigne à l’Université de Versailles, une vision le saisit en plein cours : celle d’un homme qui remplit un verre jusqu’au bord. Il comprend que ce verre représente la France, un pays déjà rempli, accompli, saturé. Son destin n’est pas là. Il doit rentrer au Gabon, non pour remplir un verre déjà plein, mais pour creuser la source là où l’eau manque encore. Son retour n’est pas simple. Comme beaucoup de compatriotes revenus de l’Occident, il affronte le doute, les difficultés administratives, l’incertitude. La chance vient d’un membre de son jury de thèse, le professeur NKiét, alors en poste à l’USTM, qui l’encourage et lui ouvre les premières portes.


Il postule dans plusieurs établissements, et c’est finalement l’École Normale Supérieure qui l’accueille. Les débuts sont rudes après onze ans d’absence du pays, mais l’essentiel est ailleurs : il veut replacer l’humain au cœur de l’enseignement. Pour lui, les mathématiques ne sont pas une discipline froide ; elles sont un vecteur de valeurs, un langage de rigueur, de patience, d’humilité et de solidarité. Il organise plusieurs initiatives nationales pour mieux orienter les jeunes, notamment le premier Salon National de l’Étudiant et le Salon National de l’Orientation, toujours guidé par le même idéal : aider les jeunes à choisir une voie qui leur corresponde réellement, leur éviter de subir leur avenir.


Depuis 2019, il met également son expertise au service du SAMU Social Gabonais. D’abord statisticien, il est aujourd’hui Directeur de cabinet du Coordonnateur général et gardien de ce qu’il appelle « la foi humanitaire ». Dans cette structure tournée vers les plus vulnérables, il s’efforce de renforcer les mécanismes de prise en charge, d’améliorer les procédures, de valoriser le travail des équipes de terrain, et de rendre chaque rapport utile au combat contre la détresse humaine.


En parallèle, il fonde en 2020 SUIGA, le Secours d’Urgence Islamique du Gabon, une ONG qui accompagne les personnes en souffrance, lève des fonds pour les malades et apporte un secours à la fois social, sanitaire et spirituel. Là encore, l’action est guidée par une même conviction : mettre la science, la foi et le cœur au service des autres.


Les valeurs qui le traversent, responsabilité, justice, égalité, solidarité, équité, ne sont pas de simples principes. Ce sont des outils quotidiens. Il se considère comme un missionnaire sur Terre, investi d’un devoir d’humanité. Il ne supporte pas l’injustice, car elle rompt l’équilibre fragile du vivre-ensemble.


Les adjectifs qui le décrivent sont à son image : multipotentiel, pragmatique, généreux, engagé, bienveillant. Ce qui le distingue n’est pas un savoir particulier ou un talent exceptionnel, mais sa singularité profonde : un rapport à l’humain empreint de respect et de non-nuisance, une capacité à prioriser l’intérêt collectif avant son propre intérêt.

Dans dix ans, il espère voir un système éducatif transformé : plus pragmatique, plus manuel, plus innovant, plus court et surtout plus accessible, à tout âge et à tout moment de la vie. Un système capable de révéler le potentiel qui sommeille en chacun.

Son message, enfin, est celui d’un homme qui a longuement réfléchi au sens de la vie : il ne faut rien attendre de l’extérieur. Les réponses sont en nous, dans notre histoire, notre audace et cette voix intérieure qui, si on prend le temps de l’écouter, révèle notre mission sur Terre. Chaque être humain porte un potentiel immense. À chacun de partir à sa propre découverte. Et pour avancer, dit-il, il faut foncer, suivre cette lumière intérieure, implorer Dieu pour qu’Il accompagne nos pas et marcher avec courage dans la direction qu’Il nous indique.

Car au fond, sa plus grande ambition n’a jamais changé : rendre l’humanité un peu plus humaine.