« Parlons de vous » : Eunice-Bertrand Biyoghe, quand l’audiovisuel devient un acte d’engagement
2026-01-30 11:03:00
Cette semaine, dans sa rubrique « Parlons de vous », BiBa 241 reçoit Eunice-Bertrand Biyoghe, figure engagée de l’audiovisuel national, productrice et créatrice de contenus à forte portée éditoriale.
Née un 4 septembre à Libreville, Eunice-Bertrand Biyoghe évolue avec une conviction qui guide chacun de ses choix : « Nous n’avons pas la possibilité de faire une première bonne impression une seconde fois ». Une devise qui résume son rapport au travail, à l’image et à la responsabilité que confère toute prise de parole publique.
Une vocation née de l’écriture et du sens
C’est par l’écriture et la lecture qu’Eunice-Bertrand Biyoghe entre dans le monde des mots. Très jeune, elle développe un rapport intime à l’oralité, à la transmission et à la narration. Un cheminement presque instinctif qui la mène progressivement vers la radio, puis vers la télévision.
« Je suis entrée dans l’audiovisuel par passion, presque instinctivement. Je n’avais pas de plan de carrière figé », confie-t-elle. Mais très vite, l’observation du paysage audiovisuel gabonais provoque chez elle une prise de conscience : celle de la nécessité d’aller au-delà de l’image et de l’apparence.
« J’ai ressenti le besoin de donner du sens à ma présence à l’écran, d’apporter une contribution réelle. C’est cette volonté qui m’a conduite à devenir productrice et à créer des concepts porteurs de valeurs », explique-t-elle.
L’audiovisuel comme levier de transformation sociale
Pour Eunice-Bertrand Biyoghe, les médias ne sont pas un simple espace de divertissement. Ils constituent un puissant outil de construction des consciences et d’influence sociale.
« Ma principale motivation a toujours été l’impact. Les médias sont un levier puissant de transformation sociale. J’y crois profondément », affirme-t-elle.
Son parcours est guidé par des principes clairs : l’intégrité, la dignité, la responsabilité et l’engagement. Des valeurs qu’elle a choisies, parfois au prix de renoncements, dans un environnement où les compromis faciles sont souvent la règle.
« J’ai toujours refusé les raccourcis. J’ai fait le choix de rester fidèle à mes convictions, même lorsque cela rendait le parcours plus difficile », souligne-t-elle avec lucidité.
Affronter les obstacles et reprendre le contrôle
Être une femme dans l’audiovisuel gabonais n’est pas sans défis. Eunice-Bertrand Biyoghe évoque sans détour les difficultés rencontrées : réduction à l’image, exposition excessive, fragilisation, manque de moyens, déficit de reconnaissance et résistances structurelles.
« J’ai compris très tôt que pour exister durablement, il fallait créer ses propres espaces d’expression », confie-t-elle.
La production devient alors un acte stratégique. Produire ses propres contenus lui permet de reprendre le contrôle de son discours, de son image et de sa ligne éditoriale. Le travail, la persévérance, la formation continue et la rigueur deviennent ses armes face aux obstacles.
Une signature éditoriale singulière
Déterminée, créative, engagée, rigoureuse et résiliente : ce sont les adjectifs qu’elle retient pour se définir. Mais ce qui la distingue profondément dans le secteur, c’est son approche.
« Je ne conçois pas l’audiovisuel comme un simple divertissement. Mon approche est éditoriale et stratégique », explique-t-elle.
Ses productions cherchent à concilier esthétique, fond et utilité sociale, avec une attention particulière portée à la valorisation des femmes et des talents gabonais, sans discours stigmatisant ni posture victimaire.
Un secteur en mutation, des exigences à relever
Sur l’avenir de l’audiovisuel au Gabon, Eunice-Bertrand Biyoghe se montre à la fois optimiste et exigeante. Elle observe une mutation portée par le numérique, les plateformes et une nouvelle génération de créateurs plus audacieux.
Mais elle alerte : « Cette évolution doit impérativement s’accompagner d’une structuration réelle, de formations solides et d’un cadre professionnel plus protecteur, notamment pour les femmes. »
Un message de fond à la jeunesse gabonaise
À la jeune génération, elle adresse un message sans concession :
« Croyez en votre valeur, formez-vous, travaillez dur et ne sacrifiez jamais votre dignité pour réussir. Le succès durable se construit sur le fond, pas sur l’illusion. »
Et à ceux qui souhaitent suivre son exemple :
« Apprenez votre métier en profondeur. Soyez patients, disciplinés. Créez vos propres opportunités au lieu d’attendre qu’on vous ouvre des portes. Et surtout, restez fidèles à vos principes : ce sont eux qui vous protégeront sur le long terme. »
À travers son parcours, Eunice-Bertrand Biyoghe incarne une vision exigeante et responsable de l’audiovisuel gabonais : un espace où l’image sert le sens, où la parole engage, et où la réussite ne se mesure pas uniquement à la visibilité, mais à l’impact durable.