Parlons de Vous/Laila Nzigou-Mbina : quand la formation devient une vocation et une force de transformation
2025-12-12 10:07:00
Derrière son sourire calme et sa voix douce, Laila Nzigou Mbina, née Bouanga Abdallah, née le 11 avril 1990 à Libreville, cache une détermination forgée dans l’effort, la constance et la lucidité. Son mantra, presque une boussole intime, résume parfaitement son parcours : « Se former, c’est se transformer. »
Une conviction devenue ligne de vie, renforcée par les responsabilités qu’elle a dû assumer très tôt, en jonglant entre études, travail et maternité.
La lecture nourrit son esprit, le shopping éveille son goût du détail, les voyages élargissent son regard et la cuisine apaise son âme. Mais au cœur de tout cela, une réalité s’est imposée : la formation est le socle invisible qui soutient chaque étape d’une carrière, chaque évolution personnelle, chaque ambition.
Son entrée dans le monde professionnel n’a rien d’un hasard. Poussée par les exigences de la vie, elle alterne études et emploi, découvre la réalité des organisations, comprend les attentes, les contraintes, les urgences. Pendant dix ans, elle évolue dans un des Big Four présents au Gabon, au sein d’un cabinet juridique et fiscal où elle plonge au cœur de missions exigeantes et diversifiées. Elle y occupe un poste administratif, mais son quotidien, lui, ressemble à un véritable marathon : secrétariat, communication, ressources humaines, coordination. Elle cherche, fouille, apprend, s’adapte. Et c’est dans cette polyvalence qu’elle perçoit l’essence même de la formation continue : un outil stratégique, un levier de progression et parfois même un bouclier.
Cette décennie d’expérience l’amène ensuite à rejoindre l’un des plus grands établissements financiers du pays. Un tournant majeur qui confirme ce qu’elle avait déjà compris sur le terrain : la formation n’est ni un luxe, ni une simple formalité administrative. Elle est une nécessité pour la performance, la productivité et l’évolution de toute entreprise, quelle que soit sa taille ou son secteur.
Pour Laila, l’obstacle le plus difficile ne réside pas dans la complexité des missions ou dans le rythme du travail, mais dans la perception que certains dirigeants entretiennent vis-à-vis de la formation. Trop souvent, dit-elle, elle est vue comme une obligation imposée par le Code du travail, un dossier à remplir, une case à cocher. On forme sans vraiment comprendre pourquoi. On envoie des employés en formation sans chercher à mesurer l’impact réel sur les compétences, sur la qualité du travail, sur la productivité ou sur la transformation des équipes. Ce manque de vision limite la portée de ce qui devrait être un instrument de croissance nationale.
Pourtant, dans un pays qui annonce de grandes réformes et aspire à renforcer son économie interne, la formation devient plus qu’une nécessité : elle doit être un pilier. Avec l’évolution des métiers, l’arrivée de nouvelles lois, le développement des investissements et l’accélération technologique, la montée en compétences devient un enjeu stratégique. Selon elle, ne pas se former, c’est accepter de se laisser dépasser.
Laila avance dans ce combat avec une personnalité affirmée. Elle se décrit comme passionnée, inébranlable, indomptable, imperturbable, inaltérable et endurante. Des mots qui, loin d’être excessifs, révèlent une femme qui a appris à rester solide dans les tempêtes et constante dans l’effort. Mais ce qui la distingue réellement, dit-elle, c’est l’humilité d’accepter qu’elle ne sait pas tout, et le plaisir sincère d’apprendre ce qui doit être appris.
Lorsqu’elle imagine l’avenir, elle voit une transformation profonde de la formation professionnelle en entreprise. Selon elle, les méthodes deviendront plus personnalisées, plus flexibles et mieux intégrées au quotidien des employés. Les entreprises qui comprendront que la formation est un investissement stratégique, et non un coût, gagneront en performance, en qualité de service et en attractivité. Elles deviendront plus agiles, plus préparées aux changements et mieux équipées pour affronter les évolutions technologiques.
Son message à la jeune génération gabonaise est clair : la formation est une clé pour ouvrir les portes de l’avenir. Dans un monde où les métiers évoluent à grande vitesse, ceux qui apprennent, osent et se réinventent seront toujours mieux armés pour saisir les opportunités.
Et à ceux qui souhaitent suivre son chemin, Laila offre un conseil précieux : identifier ce que l’on aime, ce qui motive réellement, mais aussi rester ouvert aux expériences inattendues. Parfois, dit-elle, ce que l’on n’a pas choisi peut révéler un potentiel insoupçonné. Elle encourage à explorer les métiers, à se former, à développer des compétences, notamment à l’ère de l’intelligence artificielle et des compétences digitales. Internet est désormais un terrain immense d’apprentissage, même les réseaux sociaux, rappelle-t-elle, peuvent devenir des outils éducatifs si on les utilise avec intention.
Pour elle, se former n’est pas un acte destiné à plaire à son employeur. C’est un investissement pour soi, une façon de sécuriser son avenir, de gagner en indépendance et de tracer son propre chemin. La formation est un choix, un acte de liberté, et surtout un moyen puissant de se transformer pour devenir plus solide, plus compétent et plus maître de sa trajectoire.